J’aime tous les dieux…

Ce qui m’attire par dessus tout, c’est la religion. Je veux dire toutes les religions, pas plus l’une que l’autre. Chaque dogme en particulier m’est répulsif, mais je considère le sentiment qui les a inventés comme le plus naturel et le plus poétique de l’humanité. Je n’aime point les philosophes qui n’ont vu là que jonglerie et sottise. J’y découvre, moi, nécessité et instinct ; aussi je respecte le nègre baisant son fétiche autant que le catholique aux pieds du Sacré-Coeur.

(Lettre de Flaubert à Melle Leroyer de Chantepie (1857), citée par Alain Besançon dans le dernier numéro de la revue Commentaire, dans un article intitulé « La religion de Flaubert » — 132, p. 887.)

Le religion est la science des divinités ; c’est un savoir pragmatique, expérimental, fait d’essais et d’erreurs jusqu’à découvrir leurs souhaits et leurs intentions …  Les dieux se montrent et se dérobent dans un même mouvement ; ils récompensent leurs adeptes et les trompent quelquefois, les mettant à l’épreuve ; ils exigent des offrandes et recherchent l’expansion et la gloire ; ils ne craignent rien tant que la clarté. Ils contraignent à l’intelligence.  C’est pourquoi j’aime tous les dieux !  TN

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Une réflexion sur “J’aime tous les dieux…

  1. Monsieur Nathan,

    Tout d’abord, j’ai découvert votre blog hier soir au Grand Journal et je suis impatient de lire votre ouvrage sur les rêves : je n’ai jamais rien lu sur le sujet et votre prestation me donne l’impression d’avoir enfin trouvé une perspective intelligente sur le sujet.

    C’est pour cette raison que je vous interpelle au sujet de votre phrase dans cet article qui m’interpelle au plus haut point : « la religion est la science des divinité ».

    De mon point de vue religion et sciences sont antinomiques à bien des points de vue. D’un point de vue philosophique, la religion est une première approche de la science pour donner un cadre, une explication au monde où nous vivons. La différence essentielle entre ces deux manière de voir la vie, c’est la manière dont est apportée l’information.

    Dans le cas de la religion une manière de voir le monde est proposée, imposée. Aucune tentative d’explication n’est faite à priori. C’est écrit, Dieu l’a écrit, Dieu lui a parlé. C’est comme ça : un point c’est tout. Bien sur grand nombre de philosophes on tenté d’analyser à posteriori la structure de tels systèmes de pensée (par ex : Spinoza mettant en exergue les manques d’intégrité de la religion chrétienne).

    Ces différents points soulevés engendrent des explications « mystérieuses », récursives et soulèvent de réels questionnements. Chez la plupart des mortels elles sont simplement éludées, enterrées et même déclenchent des comportement émotifs de rejet.

    Par contre, dans l’enseignement de la science au cours de mes études, on m’a toujours poussé au questionnement, à la remise en question, et la vérification de toute vérité apportée, surtout des dogmes établis. Au contraire de d’imposer une vérité, la science propose un questionnement !

    Et c’est une différence majeur de point de vue. C’est malheureusement (ou heureusement) une fracture dans la manière de fonctionner. C’est une avancée majeure dans l’utilisation du cortex pré-frontal. Et j’irai même plus loin en disant que c’est dans la science que se trouvent les vraies valeurs de partage et de don. Car c’est en donnant son point de vue, en partageant sa vison d’une situation, et en demandant à l’autre son opinion et sa vision de la situation que sont les vraies valeurs. Au contraire de l’imposition d’un point de vue, d’un système de valeurs et la volonté de convertir, de convaincre que la vision du monde selon la religion à laquelle on adhère est meilleure que l’autre.

    Bien sur, la grande majorité des personnes adhérant à une religion n’ont pas de volonté de se battre pour imposer leur point de vue et sont prêt à accepter d’autres opinions… tant que celles-ci ne sont pas très différentes du dogme dominant.

    Il y a énormément à discuter sur le sujet des sciences, philosophies et religions. Et aussi de l’avantage pour l’humanité à avoir des individus capable d’étonnement dans le sens philosophique et scientifique, et non d’étonnement mystérieux et miraculeux : celui des dogmes religieux. Pour ma part, je préfère laisser l’émotionnel pour les relations humaines et l’informationnel pour la vision du monde.

    Je m’arrête donc là et j’espère vous lire pour échanger nos points de vue.

    Cordialement,

    Alexandre Schmitt

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