Que disent nos rêves ? Interview croisée dans Marianne

Freud l’a confié à l’interprétation clinique, Lacan, aux linguistes mais le mystère du rêve reste entier. Pendant que le monde occidental le réduit trop souvent à une simple scorie nocturne, Anne Dufourmantelle, dans Intelligence du rêve Fantasmes, apparitions inspiration (Payot), tente de l’ouvrir a d’autres horizons. Elle prolonge en cela la démarche du célèbre ethnopsychiatre Tobie Nathan, auteur l’an dernier de la Nouvelle Interprétation des rêves (Odile Jacob). Dialogue croisé entre deux grands rêveurs

Marianne : Le rêve a une place plutôt marginale dans notre societé. Pourquoi pensez-vous cependant qu’il est si important ?

Tobie Nathan : On sait que tout le monde rêve cinq fois par nuit, pendant des périodes que la neurophysiologie peut parfaitement délimiter. Même si vous croyez ne pas en faire, le rêve est aussi naturel aux humains que manger ou marcher, et cela que vous soyez d’une culture ou d’une autre. C’est un comportement inné — les mammifères, les oiseaux certains reptiles rêvent aussi. Mais à quoi sert de rêver ? Personne ne le sait. Quelque chose d’aussi instinctif doit pourtant avoir une fonction Ceux qui ont tenté de répondre ont fini par conclure que les espèces avaient besoin de se ressourcer dans une forme de liberté qui n’appartient qu’à un individu. Il s’agirait pour chacun d’exprimer son absolue singularité.

Anne Dufourmantelle : Les hypothèses freudiennes ont incité à le réduire à la seule expression des désirs refoulés, c’est en réalité un phénomène beaucoup plus vaste. II renvoie a une capacité de perception bien plus vaste que le moi, capable de nous informer sur le réel. Si bien que pour finir, j’ai choisi dans mon livre d’éviter de le rapporter à « l’inconscient » Je préfère faire signe vers des figures de médiation qui appartiennent a ce que l’humanité se raconte a elle-même (les anges, les génies, etc. ) Le rêve est certes un acte du sujet, mais il exprime son intelligence du réel

D’un côté, Tobie Nathan, vous ramenez le rêve à l’unité singulière de l’individu ; de l’autre. Anne Dufourmantelle, vous le dispersez vers les figures multiples de l’invisible. Peut-on concilier les deux ?

A.D. : II n’y a pas vraiment d’opposition, car le rêve le plus personnel puise dans la grammaire la plus…/…

A lire : interview croisée de Anne Dufourmantelle et de Tobie Nathan dans Marianne du 9 mai 2011. Propos recueillis par Maxime Rovere.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s