Dans Le Temps du 10 novembre, une critique d’Ethno-Roman

Tobie Nathan, savant et sorcier

par Réda Benkirane

Le quasi-inventeur de l’ethnopsychiatrie française se raconte dans un livre qui commence non avec sa vie mais par les temps immémoriaux d’Egypte

Tobie Nathan a commencé à faire parler de lui il y a un peu plus d’une quinzaine d’années pour la discipline, l’ethnopsychiatrie, qu’il a pour l’essentiel inventée dans les couloirs d’hôpitaux français. Au contact de migrants névrosés issus de cultures extra-européennes, il élabore une thérapeutique métisse de la maladie mentale, au croisement de la psychothérapie et de l’ethnologie. Approcher le trouble mental selon l’arrière-plan culturel du patient, recourir à des techniques traditionnelles de transe et de soin, interpréter ses rêves, faire parler les esprits qui l’agitent, travailler avec des traducteurs d’idiomes africains et avec des guérisseurs, telle est la démarche décomplexée de ce psychothérapeute.
Dans ses Mémoires où résonnent de multiples voix, l’auteur retrace son parcours, de sa quasi mystique «sortie d’Egypte» en 1956 suite à la crise de Suez jusqu’à sa rencontre décisive avec son mentor, l’anthropologue Georges Devereux.

C’est l’histoire d’un émigré, juif levantin, un jeune banlieusard des années 1960. Formé dans le chaudron social de mai 68, il aura su échapper aux impasses existentielles de l’idéologie et de la drogue, en poursuivant une quête du savoir, un amour des femmes et de la littérature, une formation à la psychanalyse. Son -«intégration» à la société française passe par l’école et l’université, mais n’a jamais signifié de renoncer à la mémoire du passé antérieur ni de renier les cultures dont sa famille hérite depuis des générations: judéité, arabité, francité, africanité… Ethno-Roman (Prix Femina essai 2012) raconte aussi le processus qui amène le disciple à se libérer du Maître et de ses pulsions égotistes pour poursuivre son propre chemin vers «les Autres».

pour lire la suite sur Letemps.ch <—

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