La passion amoureuse

l’émission du jeudi 17 octobre 2013 à 14h00

La tête au carré de Mathieu Vidard sur France Inter

MathieuVidard

La passion amoureuse

Logo-FranceInterDans son dernier livre « Philtre d’amour, comment le rendre amoureux? comment la rendre amoureuse » aux Editions Odile Jacob, il a recueilli les confidences des amoureux ainsi que leurs plaintes.

On ne tombe pas amoureux au gré des rencontres, charmé par un corps harmonieux, un doux visage ou une belle âme, mais parce qu’on a été l’objet d’une capture délibérée….Tobie Nathan  regarde donc « l’amoureux comme une proie et l’être aimé comme un chasseur »

Objets magiques, philtres, parfums, prières, rites, paroles ésotériques, nourritures ou boissons préparées… Tobie Nathan focalise son intérêt sur les innombrables techniques pour déclencher la passion amoureuse, les manières de faire,  les modes d’action , sur les théories qui les gouvernent, ainsi que sur les mondes qui les abritent.

le 17 octobre, 14h00, sur France Inter

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3 réflexions sur “La passion amoureuse

  1. Comment n’être pas touchée par l’histoire de Myrrha que vous venez de partager d’une manière émouvante avec les auditeurs !
    Il existe un grand poème « Adonis » dont l’inceste de Myrrha apparaît comme l’origine de la tension dramatique, peut-être le connaissez-vous.
    Mais son auteur Louis Latourre ne fait pas d’Adonis l’incarnation des amours faciles.
    Certaines traditions ne voient pas non plus Vénus et Adonis comme ayant vécu un rapport amoureux heureusement consommé. Le « Venus and Adonis » de Shakespeare raconte essentiellement l’acharnement de Vénus à posséder un Adonis qui ne cesse de se dérober.

    Je connais bien le poème de Louis ayant été attachée de presse de la compagnie lors de sa création théâtrale. L’auteur s’est servi « de l’alexandrin comme « d’une arme » pour sonder les richesses du mythe ». Il écrit dans la préface que ce sont « les larmes de Myrrha qui rendent Adonis impuissant. »
    Il imagine le sanglier d’Arès (Mars) imperméable à la lance du chasseur Adonis, parce qu’il aurait frotté ses soies à la résine de l’arbre de Myrrha. « La lance d’Adonis glisse sur des soies qu’a durcies la résine de l’arbres qu’elles ont frotté ».
    Mais cela est amené progressivement dans le poème et l’auteur dit qu’il n’en avait aucune idée en commençant la composition des vers.

    Je vous joins un extrait vidéo du spectacle, peut-être en serez-vous touché.

    Eros tente de faire revenir Adonis sur son refus de l’amour et son rejet de Vénus. Mais Adonis évoque sa naissance incestueuse, et sa mère Myrrha changée en arbre.. (j’ai copié tout le texte de la vidéo le son est trop mauvais!)

    Merci pour vos paroles amoureuses sur l’antenne de la radio!

    Jacqueline S.

    EROS
    Qu’as-tu fait cependant ? Qui viens-tu d’offenser ?
    Quel excès de rigueur, quel orgueil insensé
    T’égare de la sorte, et tente une puissance
    Qui n’attendait de toi que tendre obéissance ?
    Ses accents, ses regards m’ont moi-même glacé.
    Sa fureur, la façon dont elle a menacé…
    Songe donc…

    ADONIS
    La façon, dont ce bassin miroite…

    EROS
    Qu’importe la façon dont ce bassin miroite !
    Songe donc, songe mieux quels étaient ses regards.
    Sa fureur te commet au plus grand des hasards.
    Elle a prédit un sort qui tiendra lieu d’exemple
    Aux êtres que l’orgueil fait mépriser son temple,
    Aux êtres dont l’orgueil est un reflet du tien.

    ADONIS
    Elle a quitté ces bords, où rien ne la retient.

    EROS
    Hé bien hâte-toi donc et rejoins-là de grâce !
    Les herbes de ses pas ont conservé la trace.
    Allons ressaisis-toi ! Recouvre tes esprits.
    De ton courage épars rassemble les débris.
    Rappelle dans ton coeur un reste de tendresse
    Et cours ! Et reconquiers l’amour de la Déesse.

    ADONIS
    Arbre… Arbre… C’est trop d’ombre entre Aphrodite et moi.

    EROS
    Quoi ! Sans en témoigner plus grande ombre d’émoi…

    ADONIS
    Trop d’ombre, c’est trop d’ombre entre elle et moi te dis-je.
    A l’y rejoindre rien en rien là ne m’oblige.
    Fleurs, feuilles… Quelque arrêt que vous en prononciez
    Mes voeux sont qu’à me suivre enfin vous renonciez.

    EROS
    Tant de rigueur, d’orgueil vraiment touche au prodige.
    Toi, le tribut d’amour que son amour exige,
    La Nymphe t’abandonne, et tu ne bouges pas.
    La Nymphe te délaisse, et porte ailleurs les pas
    Dont tu l’entends froisser des feuilles bientôt sèches,
    Et qui bientôt perdront ses traces pourtant fraîches…

    ADONIS
    Les ombres que mon coeur conçoit de tant d’amour
    Ont d’autant moins de peine à m’en cacher le jour.

    EROS
    Un jour, que j’avais cru promis à tant de joie…

    ADONIS
    Mais un faux jour ! filé de si fragile soie
    Qu’à travers bois et vents me soient tout grands ouverts
    Les noirs, les froids chemins qui mènent aux enfers.
    Ne sais-je pas assez combien chez ceux qui s’aiment
    De troubles, de tourments les traits de l’amour sèment ?
    Ne sais-je pas assez ce qu’est d’être Adonis ?
    Moi, le malheur de ceux dont je suis né le fils.
    Moi, tout au vain récit de cette nuit funeste
    A la faveur de quoi fut consommé l’inceste ?

    EROS
    N’accuse point l’Amour ! N’accuse que le Sort
    Qui conduisant ta mère et te conduit encor !

    ADONIS
    Ma mère pleure encor sa chair incestueuse.
    Vois, juge dans son cœur quel gouffre la Nuit creuse.
    Vois, Mère ; vois en moi ta propre chair, Myrrha.
    Vois, fruit de cette amour que l’ombre t’inspira,
    Ce qu’entre un fils et toi tendent les vents de chaïnes…
    Ce qu’entre un fils et toi font s’enchaîner de haines
    Et feignent d’accorder sources et vents de voix.
    Fleurs, feuilles, tant je tremble échappent à mes doigts (…)
    Voilà ce dont le vent me vient conter l’histoire.
    Ses plaintes l’ont gravée au fond de ma mémoire.
    Ne m’en crois point cacher l’horreur en la taisant.

    EROS
    Adonis, Adonis… Il s’agit du présent
    C’est trop nous offenser de tes refus profanes.
    A nous venger de toi c’est toi qui nous condamnes.
    De quel œil crois-tu donc que les dieux puissent voir
    Tous leurs charmes sur toi demeurer sans pouvoir ?
    Ne va pas ajouter au malheur d’Aphrodite
    Le malheur d’une fin que les vents t’ont prédite.
    Redoute, crains celui dont trop humilié
    Son coeur s’est dû résoudre à faire un allié.

    ADONIS
    Va, laisse-m’en la chasse, et ses faciles joies !

    EROS
    Va, laisse au tronc rugueux le sanglier ses soies !
    Ah, quel vent froid se prend aux arbres agités…
    Et ce vent froid te cherche aux bords qu’elle a quittés,
    Vois…

    ADONIS
    Songes vains, reflets que la moindre âme efface…

    EROS
    Vois dis-je ! Quelque attrait qu’offre à tes yeux la chasse,
    Croirai-je que ton cœur ne puisse être éclairci
    Des peines que lui-même il se choisit ainsi ?
    Croirai-je qu’il prétende à de si noirs trophées
    Que tant de torches d’or déjà soient étouffées,
    Et qu’en la source vierge où tu le regardais
    Ton dieu prenne aux lueurs du vieux sceptre d’Hadès
    Ses rougeoyantes fleurs ? Ses roses rouge sombre ?

    ADONIS
    Oui ! Moindres en tout point sont les attraits de l’ombre.
    Entre tous les miroirs dont l’onde me tient lieu,
    Pas un ne m’a fait voir que je puisse être un dieu.

    EROS
    Sois donc au su de tous le dieu que tu peux être.
    Sache pour Adonis te faire enfin connaître.
    Ce jour lui, n’a d’éclat que pour te rendre heureux.

    ADONIS
    Fleurs… Feuilles… Mes désirs se vont détruire entre eux.
    Je tremble de briser la branche où je m’appuie.

    EROS
    Tu trembles ; mais tremblant ne fais pas moins en pluie
    Branches et bois tomber.

    ADONIS

    Oui, m’échapper des mains…
    Et puis joncher encor des sentes, des chemins
    Dont maintes, maintes fois ont sans autre ombre d’ombre
    Là, maintes revêtu la terre moite et sombre…

    EROS
    Là d’autres fait son pas s’entendre d’autant moins….

    ADONIS
    Puisqu’un si grand amour est digne d’autres soins !
    Oh tombe de mes doigts jusqu’à la moindre feuille !
    Les grâces, les faveurs ne sont rien dont je veuille ! (…)

  2. Cher professeur Nathan,
    J’ai écouté avec intérêt votre émission sur France Inter. Vous parlez dans cette émission, me semble-t-il, que des premiers stades de l’amour. Et à ce titre, il me parait dommage de ne pas mentionner le travail d’Erich Fromm dans « The art of loving » qui théorise l’amour au-delà des premiers instants, au-delà des impulsions irrationnels. De même, il catégorise l’amour, i.e. : l’amour de l’autre, l’amour pour sa mère, l’amour de Dieu. En parler des travaux de ce grand sociologue ça me paraissait indispensable. Mais bon, on ne peut pas tout avoir.
    Bien à vous,
    Erich

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