Mes interprétations de rêves pour Psychologies Magazine

Onirocrite : qui fait métier d'interpréter les rêves TN-nom   Publiés dans le Magazine Psychologies, des interprétations de rêves d’inconnu(e)s, qui en ont envoyé le texte par e-mail, puis ont accepté un entretien téléphonique. L’intelligence des rêveurs n’est bornée que par la durée de la nuit. Rêves

Logo_Psychologiesà retrouver tous les mois dans Psychologies Magazine

Publicités

Dans la chaleur de l’insecte

logoL'express

TOUS NOS FANTASMES SONT DANS LA NATURE

 Les pratiques sexuelles des animaux reflètent nos fantasmes sexuels, du plus banal au plus pervers, tels qu’ils sont décrits par la psychanalyse. A partir de recherches éthologiques et de sa pratique clinique, Tobie Nathan, professeur émérite de psychologie à Paris VIII et écrivain, reconstitue, à la manière d’un détective, le puzzle de notre inconscient. Et il en éclaire les origines…

 FantasmesTobie Nathan, Tous nos fantasmes sexuels sont dans la nature (Fayard-Mille et Une Nuits, 140 p., 2013).

Une série de six chroniques, à lire ici :

• La punaise violeuse

• L’abeille castratrice

• L’araignée meurtrière

• La mante cannibale

• La libellule fétichiste

• Le termite amoureux

LogoFrCultureOn peut aussi suivre les chroniques sur France Culture ici <—

tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les djinns…


statuette fon (Bénin) — Collection personnelle

Imagine seulement, humain ; imagine que tout ce qui compose ton corps, l’eau que tu partages avec l’univers, cette eau dont tu es traversé, l’air qui est indispensable à ta survie et cette matière, comme de la glaise, qui te colle au sol et t’interdit l’élégance de l’oiseau — imagine que tout cela disparaisse et qu’il ne reste pour te constituer que le feu des passions… Le feu, oui ! Ce mouvement qui est seulement mouvement ; cette lueur qui n’est qu’intensité… Le feu seul, sans la matière qu’il consume, sans la chaleur qu’il produit… Peux-tu seulement imaginer un être qui serait ainsi fait du seul feu ? Le feu et rien d’autre,  pas même la fumée qui nécessite la présence de l’air… Eh bien, humain, si tu sais imaginer cela, tu peux alors nous apercevoir…

Vous autres humains, n’acceptez les questions que dans la maladie et ne reconnaissez les divinités que dans la folie. Nous sommes votre chemin vers l’autre et vous êtes notre durée. Vous nous consentez un peu d’amour et nous faisons pleuvoir sur le désert ; vous nous offrez quelques années et nous en faisons des siècles…

Catherine Grandsard et Tobie Nathan, « Un feu sans fumée. Conversation avec les Djinns » in sous la direction de Olivier THIERY et Sophie HOUDART, Humains, non-humains. Comment repeupler les sciences sociales,  aux Editions de la Découverte, Paris, 2010.

On peut lire un texte détaillé sur la toile, de Tobie Nathan, « Corps d’humain, corps de djinn » Extrait:

Les mots :

Djinn : êtres surnaturels susceptibles de s’emparer du corps et du fonctionnement psychique d’une personne afin d’obtenir une compensation de la part des humains : une offrande, un sacrifice, un autel.

Djinn – est un mot arabe provenant d’une racine prolifique.

La matrice, janna , évoque l’idée d’obscurité, de voile, surtout de dissimulation. Djinn désigne avant toute chose un « être invisible ».

Le pluriel, jenoun ou jnoun a donné junan ou jenan qui signifie « la folie » – car être pris, capturé par un être invisible implique l’aliénation de la personne.

Le Seuil, Paris, 2004

Majnoun signifie être sous l’emprise d’un djinn – donc, littéralement : « endjinné » – mot généralement utilisé pour désigner la folie.

Cependant, cette même racine a produit d’autres mots permettant de faire ressortir vivement la polysémie intrinsèque du terme :

janin , « le fœtus », sans doute du fait qu’il est toujours caché – ou peut-être le long d’une sorte de métaphore : le djinn caché dans la nuit comme un fœtus dans la matrice…

jénéna , « le jardin » ;

jennat , « le paradis » ;

janan , « le cadavre, le tombeau ».

En arabe courant, pour dire fou, on utilise le mot majnoun. Cependant, on peut presque indiféremment dire:

majnoun : « pris par un djinn », « endjinné »

madroub : « frappé » [par un djinn]),

markoub : « monté » [par un djinn]),

maskoun : « habité » [par un djinn]),

mamlouk : « possédé » – au sens où l’on « possède », l’on est « propriétaire » d’un terrain ou d’un appartement – [par un djinn]),

masloukh : « frotté jusqu’au sang » [par un djinn]),

malbouss « porté » [par un djinn] – comme on enfile un vêtement), etc.

des éléments bibliographiques

Qu’est-ce que l’ethnopsychiatrie ?

Tobie Nathan

Une définition de l’ethnopsychiatrie et des illustrations… (à lire)

  1. Une discipline clinique qui se donne pourtant pour objet l’analyse de tous les systèmes thérapeutiques, envisagés comme systèmes d’objets ; tous les systèmes, sans exclusive ni hiérarchie, qu’ils se revendiquent « savants » ou qu’ils se présentent comme spécifiques à un collectif, à une communauté – ethnique, religieuse ou sociale. L’ethnopsychiatrie se propose de les décrire, d’en extraire la rationalité propre et surtout de mettre en valeur leur caractère nécessaire. Cette discipline revendique une scientificité spécifique du fait que, envisageant les systèmes thérapeutiques comme la propriété de groupes – selon la formule énoncée plus haut : les groupes fabriquent les objets qui fabriquent à leur tour les personnes -, elle cherche à démontrer ses hypothèses en inventant des méthodes permettant aux représentants de ces groupes de se prononcer sur leur validité.
  2. Une discipline qui se propose d’éprouver les concepts de la psychiatrie, de la psychanalyse et de la psychologie aux risques des théories des groupes dont elle étudie les dispositifs thérapeutiques. Elle crée des situations, imagine des dipositifs, invente des méthodes destinées à mettre ces théories à l’épreuve des réalités culturelles et cliniques qu’elle observe.
  3. Une pratique clinique qui considère que la démarche et les résultats des points (1) et (2) concernent avant tout les patients ; une pratique qui s’intéresse à un débat contradictoire avec eux ; une pratique, enfin, qui construit consciemment des espaces interdisant aux thérapeutes la pratique de l’injure adressée aux patients, à leur famille ou à leurs groupes – je veux dire qui ne se contente pas de confier le respect de cette régle à la valeur morale du thérapeute, mais s’engage activement à construire un dispositif qui l’interdit concrètement.
Ethnopsychiatrie —> illustration en 18 diapos

Le 11 septembre 2001

Tobie Nathan, Serial Eater

Collection : Rivages/Noir

Mardi, le 11 septembre…

Le soir, après le départ de son dernier patient, Le Docteur Abdelaziz Padoue note sur un bristol : “ Personnalité sensitive. Orphelin de père et de mère dans la première enfance. Placé dans des foyers de la DASS durant près de dix ans. Recueilli par un pasteur allemand à partir de l’âge de douze ans. Bon contact, mais refuse les médicaments. Demande une psychanalyse ; voudrait s’étendre sur le divan. Je lui ai dit que je n’accepterai de le prendre en psychanalyse que lorsqu’il m’aura dit son nom. Prétend que son nom ne veut rien dire puisque, ne connaissant ni son père ni sa mère, ce n’est pas le sien. Prochain rendez-vous le 18 septembre à 12h30 ”.

À 20h 30, en s’installant dans son automobile, le Docteur Padoue n’était pas encore au courant des événements qui venaient d’ébranler le monde.

Dans la moiteur d’une nuit d’été

TOBIE NATHAN
QUI A TUÉ ARLOZOROFF ?

PARIS

Premiers chapitres

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

Il est des humains dont l’accouplement peut bouleverser l’ordre du monde.

Ceci est un roman librement inspiré de la vie de personnages historiques qui ont ébranlé leur temps et qui n’ont pas épargné le nôtre.

Jaffa-Tel-Aviv, la nuit du 16 juin 1933

On ne pouvait pas distinguer son ombre en cette nuit de juin. Les deux hommes étaient assis par terre, le dos contre le mur de l’hôpital. Le petit tenait entre ses cuisses une bouteille de zebib, de l’alcool fort au goût d’anis.
— Passe-moi la bouteille… Fawzi, allez, passe-moi la bouteille !
— Ya Ali ! Je te croyais musulman.
— Oui, mais ce que tu m’as appris m’a rendu fou. L’argent qu’ils t’ont promis… C’est vrai ?
— Au nom de Dieu, miséricordieux entre les miséricordieux, tout ce que je te dis, Ali, c’est exactement ce que l’homme et la femme m’ont promis.
— Ce n’est pas possible ! Mille guinées ? Tu imagines ce qu’on pourrait s’acheter avec mille livres ?
— Tu en auras seulement la moitié, ne rêve pas !
— Cinq cents, que Dieu les bénisse ! Et tu me dis que tu as parlé avec la femme…
— Ah ! Je te le jure sur la tête de mon fils, comme une princesse !
— Raconte !
— Que ta mère soit maudite à me poser mille et une questions, fils de pute ! Je te l’ai dit : comme une princesse ! Ça veut dire avec des bijoux, des cheveux jaunes, et un sac…

Lire la suite dans « premiers chapitres »

Copyright © Éditions Grasset & Fasquelle

61, rue des Saints-Pères 75006 Paris
Tel: 01 44 39 22 00 – Fax: 01 42 22 64 18

Je rêve d’une psychothérapie…

“Je rêve d’une psychothérapie compatible avec le monde comme il va : un monde ouvert, polyglotte, polythéiste, cosmopolite, riche d’êtres et de choses qui entendent ne pas disparaître.

Je rêve d’une psychothérapie qui saurait intégrer les familles, les experts, qu’ils proviennent de la profession “psy” ou d’autres disciplines, les divinités – notamment celles des autres -, les invisibles, les objets thérapeutiques.

Je rêve d’une psychothérapie acceptant de transformer réellement l’espace de consultation en un lieu de débat contradictoire, comme l’est la scène publique.

Je rêve d’une psychothérapie qui inclue des témoins, des étrangers, qui institue des vigilances pour se protéger des abus.

Je rêve d’une psychothérapie qui, en admettant la modernité dans sa complexité, n’a pas oublié les leçons de l’histoire, qui se souvient des communautés d’autrefois où l’efficacité était évaluée pas ses usagers …

Je rêve d’une psychothérapie qui ne serait plus sidérée devant la psychanalyse , qui accepterait de penser à des mots disparus : “oublier”, par exemple.., qui saurait décrire son action en termes de “concertation”, de “conciliation”, de “négociation” et de “diplomatie”.., une psychothérapie, enfin, qui ne feindrait plus d’ignorer qu’elle est thérapeutique, précisément parce qu’elle est sociale, parce qu’elle est politique.” Tobie Nathan

Extrait de l’Introduction à La guerre des Psy. Manifeste pour une psychothérapie démocratique. Paris, Le Seuil, Les empêcheurs de penser en rond, 2006. Sous la direction de Tobie Nathan.