• Qui a tué Arlozoroff? (roman)

Présentation

L’un des personnages est Magda Goebbels, un autre Haïm Arlozoroff. Elle est allemande et catholique, il est russe et juif ; tous deux emportés dans une même passion amoureuse, aussi intense qu’impossible. Il y a aussi Joseph Goebbels, l’inventeur de la propagande nazie, complexé par sa difformité physique qu’il essaie de compenser par la multiplication de ses aventures sexuelles et Gunther Quandt, chevalier d’industrie, créateur d’un véritable empire qui a survécu jusqu’à nos jours, notamment dans la marque de voiture BMW ; et quelques autres encore…

Ce roman, d’abord paru chez Grasset, en 2010  puis,  en édition de poche en Points Seuil, en 2011.

Un roman qui raconte l’irrésistible ascension de la petite Magda, une jeune fille simple, issue d’une relation adultérine, qui portera le nom du mari juif de sa mère : Friedlander. Une jeune femme qui conçut le désir fou de devenir la déesse d’une nation et qui le devint assez pour y croire elle-même… Qui sait aujourd’hui que l’épouse de celui que l’on surnommera « le bouc » ou « le diable », Joseph Goebbels de sinistre mémoire, a d’abord découvert l’amour avec l’un des princes du sionisme d’extrême gauche ?

C’est le roman d’un amour incroyable, d’une passion brûlante, charnelle d’abord, politique ensuite entre deux êtres radicalement étrangers, comme le jour et la nuit, comme l’eau et le feu – Magda et Arlozoroff …/…

1933 — Un roman qui se déroule au moment de la fondation de deux états que tout oppose – l’un ne pouvant exister qu’à condition que l’autre disparaisse. Un État nazi contre un État juif, car les Nazis, obsédés par les Juifs, comme s’ils avaient adhéré au mythe de leur élection, n’eurent de cesse que de les anéantir, comme si leur propre existence découlait du massacre des Juifs.

Un roman qui résout enfin un détail de l’histoire, jusqu’à ce jour inexpliqué : pourquoi l’assassin d’Arlozoroff lui a demandé dans un mauvais hébreu « quelle heure il est ? » — « kama sha’a ? » — juste avant de l’abattre de deux coups de revolver, ce fameux soir de juin 1933 sur la plage de Tel Aviv.

Qui a tué Arlozoroff?
Paris, Grasset, 2010

Qui a tué Arlozoroff, c’est aussi un roman qui se passe aujourd’hui à Tel Aviv du côté de Sderot Ben Gourion, de Frishman et du Shouk Hacarmel. C’est l’histoire du meurtre d’un vieil homosexuel, survivant des camps où enfant, il servit d’objet sexuel aux pédophiles SS pour survivre et qui est abattu, 75 ans après Arlozoroff, dans les jardins de la résidence de l’Ambassadeur de France à Jaffa. C’est enfin l’histoire d’un journaliste grand reporter d’un quotidien français, maltraité par son rédacteur en chef, qui part mener l’enquête en Israël.

Tobie Nathan livre ici un roman, parfaitement documenté et superbement écrit. Il nous offre un portrait psychologique de Joseph Goebbels qui restera dans les mémoires, une scène d’anthologie de séduction réciproque dans un wagon de train entre une minette de 18 ans, la jeune Magda Friedlander, et Gunther Quandt, l’un des plus riches industriels allemands de l’époque.

Présentation de l’éditeur

Cette expression, à priori énigmatique (« Qui a tué Arlozoroff ? ») est un des plus fameux « Mantra » en Israël, et sert à dire, à propos de n’importe quelle question, qu’il n’y a pas de réponse. Qui était donc cet Arlozoroff ? C’était un personnage politique de premier plan dans la Palestine d’avant la création de l’Etat d’Israël. De gauche, ennemi de la droite sioniste d’un Jabotinski ou d’un Begin, il avait joué un rôle majeur, avant-guerre, lorsqu’il s’était agi de « récupérer » le plus grand nombre de juifs allemands déjà menacés par la montée du nazisme. Or, le 16 juin 1933, soit six mois après l’accession d’Hitler à la chancellerie du Reich, Haïm Arlozoroff est assassiné sur une plage de Tel Aviv. D’où la question : Qui l’a tué ?

Le roman de Tobie Nathan s’ouvre sur cet épisode et, de fil en aiguille, nous mène loin, très loin, et plus particulièrement – ce qui devient fascinant – jusqu’à une certaine Magda Quandt, qui va devenir Magda Goebbels (celle-là même qui tuera ses cinq enfants avant de se suicider dans le Bunker d’Hitler) qui fut… la maîtresse passionnée de Haïm Arlozoroff. Ce sont là des faits stupéfiants, mais historiques.

Tobie Nathan construit un roman passionnant, allant du passé au présent avec des fuites vers le futur. Arlozoroff a-t-il été assassiné par ses rivaux israéliens ? Par des Palestiniens déjà hostiles aux implantations de peuplement sioniste ? Où, plus probablement, par les émissaires de Goebbels qui tenait, plus que tout, à faire disparaître les traces de la liaison de son épouse, devenue nazie, avec un juif ?

—> une revue de presse

Premiers chapitres

Critiques


Qui a tué Arlozoroff ?
de Tobie Nathan
(Seuil – Points, 416 p.)

Le 30 mai 2011

L’annonce de Qui a tué Arlozoroff en Points-Seuil

« Qui a tué Arlozoroff ? » de Tobie Nathan

Par MARINE DE TILLY

Haïm Arlozoroff a bien failli être le premier président de l’État hébreu. Mais, à la place, il prend deux balles dans la peau, vers minuit un soir de juin 1933, sur la plage de Tel-Aviv. Après plus d’un demi-siècle d’omerta, un journaliste se décide à fouiller le passé du dirigeant sioniste et découvre sa liaison avec celle qui allait devenir, vingt ans plus tard, l’épouse du ministre de la propagande d’Hitler : Magda Goebbels. L’équation est complexe, inconcevable. D’un côté, il y a Magda, l’Allemande catholique, une bâtarde qui porte longtemps le nom juif du mari de sa mère, avant d’épouser un richissime industriel, puis le « bouc » en deuxième noce. Coûte que coûte et jusqu’à la folie, elle voudra devenir « une déesse de la nation ». Et, de l’autre, Arlozoroff, le Russe juif d’extrême gauche, prince du Yichouv en son « presque pays » – Israël n’existe pas encore -, amoureux fou de sa Juliette (sadienne, non pas shakespearienne). Tout cela ne nous dit pas qui a tué ce pauvre Arlozoroff, mais fait le miel du sensationnel « romenquête » – aurait dit BHL – de Tobie Nathan.

Commander le livre —>

traduction en hébreu, janvier 2013 , Tel-Aviv, Matar Éditions

en hébreu <—

annonce dans le Yediot aharanot:

Voir ici une critique et des « bonnes pages » en hébreu <— 

  Sur le blog « La XXVème heure

Qui a tué Arlozoroff, Tobie Nathan

Du polar comme on l’aime. En fait ce n’est pas du polar! un thriller, alors? peut-être! Un policier? non plus! Mais quoi donc? Je dirai une enquête journalistique, écrite par un romancier sachant maîtriser l’art de l’intrigue. En filigrane, un grand livre à suspense…
« Qui a tué Arlozoroff? » demeure un ovni! Mais un livre qu’on ne lâche pas, qui vous aspire dès la première phrase et vous laisse épuisé à la dernière; après une nuit blanche plongé dans l’Histoire – la grande et la petite-.

Haïm Arlozoroff a bien failli être le premier président de l’État hébreu. Mais, à la place, il prend deux balles dans la peau, vers minuit un soir de juin 1933, sur la plage de Tel-Aviv. Après plus d’un demi-siècle d’omerta, un journaliste se décide à fouiller le passé du dirigeant sioniste et découvre sa liaison avec celle qui allait devenir, vingt ans plus tard, l’épouse du ministre de la propagande d’Hitler : Magda Goebbels. L’équation est complexe, inconcevable. D’un côté, il y a Magda, l’Allemande catholique, une bâtarde qui porte longtemps le nom juif du mari de sa mère. Derrière son image très verticale conjuguant famille et patrie, on découvre une jeune femme pulpeuse qui, à 16 ans, rendait les hommes fou de désir… Elle va tomber amoureuse de Haïm, l’un des penseur du sionisme dont elle épousera presque les théories… Lui, même s’il l’aime passionnément ne peut résister à la tentation et se révèle volage, voir léger. Magda en sera blessée à jamais. Au point que là se trouve peut-être l’explication de son parcours qui l’amènera à épouser un richissime industriel, puis le « bouc », Goebbels, en deuxième noce. Coûte que coûte et jusqu’à la folie, elle voudra devenir « une déesse de la nation ».

Toute sa vie durant, elle restera néanmoins secretement amoureuse d’Haïm qui demeurera sa seule véritable passion. Ce que Goebbels percevra rapidement. Un jour, Arlozoroff meurt, assassiné, sur une plage d’Israël…
Alors, qui a tué? Goebbels? Des opposants aux théories d’Arlozoroff? Cette question fait le miel de cette fascinante enquête de Tobie Nathan…

Posté par didier debroux, le mars 2012 à 09:47

Dans Livres-sur-le-net

Le 10 avril 2011

Veuve noire ou mante religieuse…

On a beaucoup écrit sur la période nazie de l’Allemagne, et ces derniers temps, des « thrillers » qui déroulent leur intrigue sur la toile de fond de la montée de la barbarie hitlérienne (je vous renvoie à un article précédent sur la Trilogie berlinoise de Philip Kerr).

Le roman de Tobie Nathan, intitulé Qui a tué Arlozoroff? nous renvoie une fois encore aux arcanes du nazisme, il s’agit encore d’une sorte de thriller puisque le roman commence par l’assassinat du dirigeant juif Victor Arlozoroff sur une plage de Tel Aviv en 1933. Mais la perspective est cette fois centrée non sur la victime Arlozoroff, ni sur un improbable enquêteur de notre époque, Ezra Moreno, envoyé en Israël pour écrire un ouvrage intitulé… Qui a tué Arlozoroff?, mais sur une femme hors du commun, Magda Goebbels, la femme du très influent ministre de la propagande nazie, qui terminera ses jours dans le bunker berlinois d’Hitler après avoir tué ses six enfants et s’être suicidée avec Goebbels.

Magda est belle, très belle, elle est différente, elle se sait différente; elle exerce une fascination irrésistible sur tous les hommes qui croisent son chemin, à commencer par son premier amour, le juif Victor Arlozoroff. Le roman est construit autour de la prise de conscience par cette femme d’un destin hors du commun, d’un destin fusionnel avec celui d’une Allemagne gagnée par la folie de la destruction des juifs. De déesse aryenne, elle en devient veuve noire, ou plutôt mante religieuse, se repaissant inlassablement des hommes qui croient bien naïvement la posséder. Jusqu’à dévorer le seul homme qu’elle a véritablement aimé, pour lui-même, pour ce qu’il était et non pour ce qu’il représentait…

Roman de la folie d’une femme et d’un peuple, Qui a tué Arlozoroff? ne tombe pas dans les clichés car seule l’Histoire a finalement jugé les acteurs de cette sombre période.

  Radio

Le 2 novembre 2010, sur RFI, dans son émission « en Sol Majeur« ,

Yasmine Chouaki reçoit Tobie Nathan à propos de son dernier roman, “Qui a tué Arlozoroff ?”, de sa vie, de la multiplicité des mondes et des mots de l’enfance…

Tobie Nathan avec Yasmine Chouaki

en sol Majeur

Tobie Nathan avec Yasmine Chouaki, après l’émission

Télé

Le 20 octobre 2010, sur France 2, dans l’émission « Des mots de minuit » de Philippe Lefait,

présents en plateau : Tobie Nathan Ethno Psychiatre, «Qui a tué Arlozoroff ?» (Editions Grasset), Ralf Marsault Photographe et anthropologue, exposition «Combats» – Galerie Fait & Cause Paris, Benoit Jacquot Réalisateur du film «Au fond des bois» qui sortira le 13 octobre, Alain Veinstein Auteur de «Radio sauvage» (Editions du Seuil), Absynthe Minded, l’invité musique Album «Envoi» chez AZ Universal Alexandra Lemasson lit en plateau des extraits de «Qui a tué Arlozoroff ?» de Tobie Nathan et de…

 pour regarder l’émission

Le 19 octobre 2010, sur le site « Critiques Libres« , par Onir :

fascinant…

Personnages historiques réels : Josef Goebbels, sa femme Magda, Adolf Hitler, et surtout Haïm Arlozoroff, présent partout dans l’Israël moderne — peu de villes qui n’hébergent une rue à son nom.

Passions obscures : la passion amoureuse de Magda, fille naturelle de la bonne d’un ingénieur allemand, ensuite adoptée par son beau-père juif, Richard Friedländer — passionnément éprise du jeune Haïm Arlozoroff, probablement son premier amour. Cet amour l’emporte dans une admiration sans frein. Elle veut se convertir au judaïsme; apprend l’hébreu, envisage de s’installer en Palestine avec lui…

Magda, seulement âgée de 19 ans, séduira dans un wagon de chemin de fer, Gunther Quandt, l’un des plus riches industriels allemands, âgé du double son âge, qui l’épousera et l’introduira au monde des nantis et des puissants.
S’ennuyant en ménage, la belle Magda prend des amants, retrouve le bel Arlozoroff de sa jeunesse et se sent attirée par la passion noire du nazisme. Goebbels tombera amoureux d’elle et l’épousera, Hitler, fasciné par sa beauté et sa classe, en fera le modèle de la femme aryenne …/…

Lire la suite : Critiques Libres

Vous ne pouvez pas rater ça !

Publié le 13 octobre 2010

Qui a déja entendu parlé d’Arlozoroff? Je ne connaissais pas cet homme, il a pourtant été l’un des pères fondateurs de l’état d’Israël au même titre que Ben Gourion ou Jabotinski. Homme de gauche ayant la vision d’un état binational, il a négocié pieds à pieds avec les allemands dès le début des années 30 afin de laisser les juifs quitter l’Allemagne et venir s’intaller en Palestine.

Théoricien de la gauche israelienne, souvent en désaccord violent avec ce qui deviendra la droite, il prônait le dialogue et la coexistence pacifique avec les palestiniens, et à ce titre, il s’est fait bon nombre d’ennemis.

Sa vie personelle fut assez mouvementée…/…

pour lire la suite —> 

PKM

Journal d’octobre 2010 : Qui a tué Arlozoroff? de Tobie Nathan

Qui a tué Arlozoroff? de Tobie Nathan vient de paraître aux éditions Grasset.
Avant tout, pour ceux et celles qui se posent la question “qui est Arlozoroff” ?
Dirigeant sioniste, membre du comité exécutif de l’Agence juive (entre les deux guerres), ministre des Affaires Etrangères d’un Etat à l’époque sans frontière.
Il négocia avec les Allemands jusqu’en 1938 le départ de milliers de juifs allemands, vers des cieux plus cléments, partisan d’un état binational avec les Arabes en opposition avec Jabotinski.

Mais aussi : il fut l’amant passionné de Magda Friedlander, qui le lui rendit bien et qui deviendra la femme de Goebbels à qui elle n’avait rien à envier pour son antisémitisme.

Le 16 juin 1933 Arlozoroff est assassiné à Tel Aviv.
A ce jour on ne sait toujours pas qui l’a tué.

Roman inspiré, traité comme une enquête policière, portrait d’une femme diabolique…

A vous de juger…

Daniel Rachline

La Républiquedeslivres

Le Blog de Pierre Assouline

publié le 29 septembre 2010


Pierre Assouline
(photo Tobie Nathan)

Très vite, on se rend compte que ce roman palpitant en contient un autre en creux. Il tient à la personnalité de la véritable (anti)héroïne de cette histoire, autrement plus complexe et troublante que le rôle-titre. Elle s’appelait Magda. C’est là que… Cherchez la femme, comme toujours…

Dans son roman, Tobie Nathan creuse le portrait de celle dont il n’hésite pas à faire la maitresse d’Arlozoroff. C’était jusqu’alors une hypothèse et un secret mal gardé. Là où cela devient intéressant, c’est quand le dirigeant sioniste s’installe à Berlin pour négocier les fameux accords. Il revoit son ex, divorcée d’un premier mari, le richissime chevalier d’industrie Günter Quandt, devenue entre temps… l’épouse du ministre de la Propagande Joseph Goebbels, avec Adolf Hitler pour témoin de mariage…

Tobie Nathan va loin dans sa reconstruction et pourquoi pas puisque la fiction a tous les droits, même avec l’Histoire. Mais le pionnier de l’ethnopsychiatrie resurgit en lui lorsqu’il pointe dans le comportement nazi une attitude qui relève de “la sorcellerie cannibalique”…

“Qui était vraiment Magda ?” aurait pu être le titre de ce roman d’une aventurière atypique qui vérifie l’adage d’Alexandre Dumas : il est permis de violer l’Histoire à condition de lui faire de
beaux enfants.

pour lire le texte dans son intégralité —> 

papivore
Blog d’une dévoreuse de mots

Sur le blog « Papivore« , publié 27 septembre 2010 par giryde44

Tel-Aviv, juin 1933. Haïm Arlozoroff est assassiné. Mais qui a tué ce sioniste né en Ukraine, ardent militant de la création de l’Etat d’Israël mais adepte d’un dialogue avec les Arabes ? Plus de soixante-dix ans après les faits, Ezra Moreno, journaliste reporter qui est une sorte de double de l’auteur, va mener l’enquête remontant aux années 1920 pour nous embarquer dans un récit mêlant la grande et la petite histoire.

Arlozoroff aurait en effet été l’amant d’une certaine Magda Friedländer (nom de son beau-père juif qui l’adopta) qui devint Magda Goebbels après son mariage avec Joseph, l’un des futurs bras droit de Hitler. Avec une veine romanesque rare, Tobie Nathan, ethnopsychiatre de profession, nous plonge au coeur de la folie des nazis et tente d’expliquer la répulsion-fascination que les Juifs

exerçaient sur eux. Une interprétation qui pourra énerver quelques historiens…
En conclusion, « Qui a tué Arlozoroff » est un roman populaire à l’écriture alerte qui m’a emballée même si la fin (historiquement discutable mais peu importe) m’a un peu déçue.

A livre ouvert, le samedi 25 septembre 2010 — 10h45, 12h45, 14h45, 16h45

Les libraires, ambassadeurs des livres de qualité, commentent avec passion l’actualité littéraire.

Qui a tué Arlozoroff de Tobie Nathan est selon Gérard Collard un des évènements de cette année.

Arlozoroff est l’homme qui a négocié les accords entre les nazis et les sionistes pour faire fuir les juifs contre de l’argent. Il a été la seule passion de Magda Goebbels.

Ce livre décrit Magda Goebbels, non pas comme une femme froide, mais comme une femme qui rendait les hommes fous de son corps. Alors qu’elle est prête à suivre Arlozoroff dans sa vie, il décide de la quitter.

Qui a tué Arlozoroff de Tobie Nathan est publié aux éditions Grasset

Un roman palpitant qui mêle histoire, fiction, psychologie et politique et nous entraine de la fondation de l’état d’Israël à nos jours.

par Enora, le 17 septembre 2010, sur le site onirik.net, une critique de Qui a tué Arlozoroff?

L’ethnopsychiatre, Tobie Nathan, nous livre ici un roman palpitant (on y retrouve la griffe de l’écrivain de polars) qui mêle fiction, politique, psychologie et histoire.

Haim Arlozoroff est né d’une famille ukrainienne, qui fuyant les pogroms et la famine, se réfugie en 1905 à Berlin. Génie intellectuel, poète, sa pensée s’inscrit dans la lignée du marxisme ; profondément marqué par son judaïsme, il s’engage dans le sionisme d’extrême-gauche et sera un des militants les plus brillants et les plus charismatiques du Mapai. Il fut assassiné le 16 juin 1933 sur une plage de Tel Aviv ; sa mort qui fut attribuée à l’extrême-droite mais reste un mystère non résolu, influa sur le destin politique d’Israël.

Lorsque les meurtriers se retrouvent en face d’Arlozoroff, ils lui firent confirmer son identité puis lui demandèrent l’heure en mauvais hébreu, juste avant de lui tirer deux balles dans l’abdomen. Partant de là, Tobie Nathan imagine toute une histoire autour de la montre, ce qui lui permet de donner d’autres pistes à cet assassinat en mettant en scène une probable relation amoureuse entre le dirigeant sioniste et Magda Goebbels.

Ce qui est sûr, c’est que Magda et la famille d’Arlozoroff habitaient le même quartier. Sa sœur Lisa et Magda étaient dans le même lycée et se fréquentaient. Sachant que Magda, fille naturelle, adoptée par le mari juif de sa mère, dans ses jeunes années a adhéré aux aspirations sionistes, Tobie Nathan pense que la rencontre amoureuse entre Arlozoroff et Magda fut plus que probable ; d’ailleurs le bruit en avait couru en Allemagne quand la jeune femme avait épousé Goebbels. Mais personne n’avait intérêt à l’époque, à révéler cette histoire, ni le Mapai, ni le parti Nazi qui a fait de Magda une des égéries allemandes.

A partir de cette hypothèse, Tobie Nathan construit une sorte d’énigme policière menée par un journaliste à notre époque, ce qui permet une sorte de va et vient entre l’Israël contemporain et l’histoire, dans cette ville de toutes les libertés de pensées qu’est Tel Aviv et qui n’est pas sans rappeler la Berlin des années vingt.

Qui a tué Arlozoroff, est un roman haletant, merveilleusement documenté, qui nous entraine des origines de l’état Hébreu à l’époque actuelle, dans une fiction qui se révélera peut-être un jour réalité…. Qui sait ?

A lire absolument !

Enora

sur LCI, dans les coups de coeur des libraires, à l’émission du 9 septembre 2010

 … le coup de cœur de Gérard Collard : Qui a tué Arlozoroff ?de Tobie Nathan

pour voir la vidéo —> 

Dans le Magazine de la Santé sur France 5 — Présentation du roman de Tobie Nathan Qui a tué Arlozoroff dans l’émission du 10 septembre 2010 du Magazine de la Santé sur France 5…

sur France Inter le dimanche 5 septembre à 14:05 dans

COSMOPOLITAINE

Paula Jacques reçoit :

– Tobie NATHAN, auteur de « Qui a tué Arlozoroff ? » aux Editions Grasset,

– Julia SOLOMONOFF, pour le film « Le dernier été de la Boyita » sortie en salle le 08 septembre 2010

… en ouverture c’est Tobie Nathan, ethnopsychiatre célèbre et romancier très imaginatif qui retrace une page d’histoire oubliée et assez incroyable à vrai dire, mêlant la figure héroïque d’un des pionniers du sionisme à celle, sulfureuse, de Magda sa maitresse et épouse de Joseph Goebbels. « Qui a tué Arlozoroff » paraît chez Grasset, et Tobie Nathan est le 1er invité de cette Cosmopolitaine…

  

Dans Gauche Hebdo du 27 août 2010, une critique de Pierre Jeanneret

L’alliance du mystère et de la fascination

Tobie Nathan livre un captivant thriller historique, politique et psychanalytique au temps du nazisme.

« Qui a tué Arlozoroff ? » : en Israël, cette expression sert à dire, à propos de n’importe quelle question, qu’elle est insoluble et ne trouvera jamais de réponse. Dans la nuit du 16 juin 1933, sur la plage de Tel-Aviv, Viktor Haïm

Arlozoroff était assassiné. Aujourd’hui un peu oublié, il fut l’un des dirigeants de l’Agence juive et l’une des plus importantes personnalités du mouvement sioniste, aux côtés de Chaïm Weizmann qui allait devenir le premier président d’Israël. Né en 1899 dans l’Ukraine des pogroms, émigré en Allemagne, puis en Palestine en 1921, il représentait avec ardeur le sionisme de gauche, socialiste et marxiste, celui du Mapaï (le Parti des Travailleurs). Il défendait une approche modérée des rapports des Juifs avec les Britanniques et les Arabes : « Nous voulons un pays pour les Juifs, non un pays juif ! » disait-il. Au moment de son assassinat, il venait de négocier avec le Reich hitlérien des accords financiers et économiques de transfert des Juifs allemands en Palestine. Qui donc a tué Arlozoroff ? Ses ennemis jurés de l’extrême droite sioniste (Jabotinsky, Menahem Begin), ces Birionim qui se voulaient les descendants des « sicaires » assassins des occupants romains ? Des Palestiniens inquiets de l’implantation juive croissante et excités à la révolte par le Mufti de Jérusalem Haji Anim El Husseini ? Des émissaires de Staline, fâché que ce sympathisant déçu du communisme évoluât vers la social-démocratie, ou encore ?…

Partant de ce fait qui secoua la communauté juive, Tobie Nathan livre ici un passionnant thriller historique. Le roman se déroule sur deux époques différentes entre lesquelles l’auteur opère un subtil va-et-vient. D’abord celle des années 1918-1933, dont il offre en arrière-plan une remarquable fresque : l’Allemagne défaite, accablée par le Traité de Versailles, frappée par l’inflation puis la Grande Crise, et qui voit monter puis triompher le nazisme. Et l’époque contemporaine, où un journaliste français – l’alter ego de l’auteur, comme lui né en 1948 – mène l’enquête à Tel-Aviv, dont Nathan rend particulièrement bien l’atmosphère de liberté, bien différente de celle de Jérusalem de plus en plus dominée par les ultra-orthodoxes. Nous ne révélerons pas au lecteur les péripéties et les rebondissements de ce livre captivant !

Très vite, le roman se focalise sur la relation amoureuse (et passionnément sexuelle) qu’Arlozoroff avait entretenue, dès leur adolescence, avec la jeune Magda, fille naturelle de l’ingénieur Ritschel, élevée par son beau-père juif Richard Friedländer. Celle-ci allait séduire et épouser le richissime industriel Günther Quandt puis, après leur divorce, elle deviendra en 1931 l’épouse de Josef Goebbels, bras droit de Hitler et futur ministre de la propagande du IIIEReich. Faut-il donc voir la main de ce dernier derrière l’assassinat d’Arlozoroff, le Juif dont Goebbels savait qu’il avait été l’amant de sa femme ? L’auteur va plus loin encore en émettant une hypothèse diabolique, que sans doute personne ne pourra jamais confirmer ou infirmer…

Le livre, très vite, se concentre sur deux personnages psychologiquement fascinants. Celui de Magda d’abord : une inquiétante beauté ambitieuse, avide de richesse et de célébrité, et surtout de pouvoir. Elle finira par adhérer au nazisme, admirera Hitler avec exaltation, incarnant elle-même la quintessence de la Femme Aryenne. On sait que, lors de l’apocalypse de la fin de la Seconde Guerre mondiale à Berlin, Magda Goebbels se suicidera avec son mari, après avoir empoisonné leurs six enfants, afin qu’ils ne survivent pas au IIIE Reich en ruines.

L’auteur, Tobie Nathan, est une célébrité de la psychiatrie contemporaine, et le fondateur d’une ethnopsychiatrie d’ailleurs controversée. Il offre du second « héros » du livre, Josef Goebbels, un portrait saisissant, interprétant le personnage – son pied bot, sa disgrâce physique (la presse de gauche l’appelait « le nabot ») qui se sont mués en haine des Juifs et des communistes – à la lumière de la thèse développée par le psychiatre Alfred Adler dans La Compensation psychique de l’état d’infériorité des organes. Par son charisme verbal, ses discours enflammés (« Wollt ihr den totalen Krieg ? »), toujours vénéneux et comme habités par le Malin, Goebbels transmettra à tout un peuple cette volonté de transcender ses frustrations par une mystique de la revanche. L’analyse psychologique de Josef et Magda Goebbels permet d’opérer un rapprochement entre l’auteur, l’Ecole de Vienne et l’écrivain Stefan Zweig.

Le lecteur ressort fasciné de ce roman noir à la fois politique, policier et psychanalytique.

Le Nouvel Observateur du 12 août 2010, une critique de Bernard Loupias

Un roman de Tobie Nathan
Le mystère Arlozoroff

Mais qui donc a ordonné en 1933 le meurtre de ce grand militant sioniste qui dans sa jeunesse avait passionnément aimé… la future Mme Goebbels ?

… Mais alors, qui donc a tué Arlozoroff ? Autour de cette énigme, qui aujourd’hui encore hante la société israélienne, Tobie Nathan a construit un formidable thriller, où il avance, on va le voir, une thèse aussi folle que vraisemblable.

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Dans Information Juive de juillet-août 2010

Qui a tué Arlozoroff ? “Enquête sur les origines de la fondation d’Israël”

Un entretien avec Tobie Nathan

Propos recueillis par Hélène Hadas-Lebel

Actuellement en poste à l’ambassade de France à Conakry (en Guinée), Tobie Nathan est de passage à Paris pour la promotion de son dernier roman. Vif, affable, souriant, son poignet gauche est orné d’un bracelet gravé d’un verset de psaume en hébreu : « justice et vérité se sont rencontrées, se sont embrassées… » : souvenir sans doute de ses quatre années passées à Tel Aviv comme conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France. Un séjour qui l’a marqué en profondeur et où il a écrit  » Qui a tué Arlozoroff « , un hommage aux fondations de l’Etat d’Israël sous la forme d’un thriller historique, avec deux héros plus romanesques que nature, et pourtant bien réels : le leader sioniste de gauche Haïm Arlozoroff et la redoutable Magda Goebbels, femme du bras droit d’Hitler Joseph Goebbels, qui mourut avec lui dans son bunker à Berlin, après avoir assassiné ses enfants. Dans ce roman aux multiples rebondissements, l’auteur mêle avec virtuosité passé et présent, Europe et Israël, politique et passion amoureuse.

Rencontre avec ce romancier qui est aussi un diplomate…/…

—> lire tout l’entretien

Dans L’arche de juillet-août 2010,

une interview par Hélène Schoumann :

« Meurtre sur la plage de Tel-Aviv« 

« Arlozoroff est devenu partie constituante du mythe de fondation d’Israël »…

Dans Le Chroniqueur du 23 juillet 2010

Dans la nuit du 16 juin 1933, Haïm Arlozoroff, « membre du Comité exécutif de l’Agence juive, ministre des Affaires étrangères d’un Etat sans frontière » après des négociations avec les Allemands pour sauver les Juifs était assassiné sur une plage de Tel-Aviv. Par qui et pourquoi ? Etait-ce à cause de sa liaison avec une femme allemande, celle qui était en passe de devenir l’égérie du nazisme, la belle Magda, « l’Aryenne modèle, la charismatique épouse du docteur Goebbels » ? Et y a-t-il un rapport avec un autre meurtre, celui d’un ancien espion abattu de nos jours dans les jardins de l’ambassade de France ?

Un livre très documenté et absolument passionnant.

en roumain dans
ZIARUL DE DUMINICA

en roumain, le 22 juillet 2010

Sot¸ia lui Goebbels s¸i amantul ei evreu, Arlozoroff

Autor: Daniel Nicolescu

« Existaš oameni a cašror acuplare poate saš rašstoarne ordinea lumii. Iataš o carte ce se inspiraš liber din viat¸a unor personaje istorice care au zguduit epoca lor s¸i care n-au scutit-o de zgâlt¸âieli nici pe a noastraš. » Acesta este incipitul unui roman* puternic, zguduitor ca s¸i personajele care îl animaš, scris de un om de s¸tiint¸aš excentric, care face literaturaš ca saš-s¸i verifice teoriile bizare s¸i la care lumea academicaš prives¸te cu prudent¸aš, atunci când nu o face cu iritare.

—> la suite

Tewfik Hakem s’entretient avec Tobie Nathan

Le 13 juillet 2010 à 16h00 sur France Culture
Dans l’émission « à plus d’un titre« 

au sujet de son roman : Qui a tué Arlozoroff ? paru aux éditions Grasset.

Les rencontres de la bibliothèque de Concarneau

Qui a tué Arlozoroff ? une phrase que peu de Français connaissent et pour cause puisqu’elle fait référence à une page de l’histoire plus que méconnue. En Israël, lorsque vous posez à quelqu’un une question dont personne ne connaît la réponse, voilà ce qu’on vous répond : « Qui a tué Arlozorff » car cette énigme jamais n’a été élucidée. Cette phrase, c’est aussi le titre du dernier roman de Tobie Nathan qui tente, par la voie romanesque, de fournir une piste, une solution à cette énigme.

Mais qui était Arlozoroff ? Et bien, c’était un jeune juif allemand idéaliste, socialiste, sioniste d’un charisme et d’une beauté aveuglante. Les grandes et belles idées, les envolées révolutionnaires, une aura éblouissante, il n’en fallait pas plus pour qu’une jeune fille sublime de beauté tombe sous le charme. Cette jeune fille, et c’est ce que l’Histoire n’a pas retenu, c’est la future Magda Goebbels, celle qui deviendra plus tard la muse d’Hitler, l’égérie de l’idéal aryen, l’illuminée fanatique qui assassinera ses enfants après le suicide de son guide suprême. Tobie Nathan entre avec grande maîtrise dans l’intimité de cette femme, du couple qu’elle forma avec Arlozoroff, de la passion qui la dévora toute sa vie pour ce jeune juif. Le livre est à bien des égard un roman d’espionnage palpitant ; ainsi je ne vous en dis pas plus sinon grand bravo à l’auteur.

un portrait de Tobie Nathan dans Lire N° 387 — juillet-août 2010 par Julien Bisson

« Le Marabout de l’histoire

Pionnier de l’ethnopsychiatrie, Tobie Nathan se montre également romancier de talent. Avec Qui a tué Arlozoroff ? , il nous entraîne dans une folle escapade historique, mêlant création d’Israël, meurtres politiques et amours interdites entre un dirigeant juif et la femme de Goebbels.
Tobie Nathan n’est décidément jamais là où on l’attend. On imaginait ce professeur de 62 ans rivé à son service d’ethnopsychiatrie… »

et le même article dans l’Express :

Qui a tué Arlozoroff? par Tobie Nathan

Par Julien Bisson, publié le 19/07/2010 à 07:00

http://www.lexpress.fr/culture/livre/qui-a-tue-arlozoroff_906020.html

Pionnier de l’ethnopsychiatrie, Tobie Nathan se montre également romancier de talent. Avec Qui a tué Arlozoroff ?, il nous entraîne dans une folle escapade historique, mêlant création d’Israël, meurtres politiques et amours interdites entre un dirigeant juif et la femme de Goebbels.

Tobie Nathan n’est décidément jamais là où on l’attend. On imaginait ce professeur de 62 ans rivé à son service d’ethnopsychiatrie, cette spécialité médicale qu’il a contribué à populariser en France : il a été promu au rang de diplomate, comme conseiller culturel dans les ambassades françaises. On avait récemment croisé sa coiffe cendrée à Tel-Aviv : il officie désormais à Conakry, dans la moiteur guinéenne. Surtout, on le croyait auteur de polars mêlant réalités sociales et maladies mentales, et le voici, dans son nouveau roman, chevauchant le grand vent de l’Histoire ! Enquête passionnante sur un épisode méconnu de l’entre-deux-guerres, Qui a tué Arlozoroff ? s’impose d’ores et déjà comme son meilleur livre et – sans doute – le plus personnel.
On ne s’étonnera donc pas d’y reconnaître, dès les premières pages, sa silhouette de dandy Belle Epoque en la personne d’un certain Ezra Moreno, alter ego à peine déguisé et décrit non sans humour comme un « petit cultureux binoclard à noeud pap ». Outre le respect de ce code vestimentaire tiré à quatre épingles, notons que ce journaliste juif en mission à Tel-Aviv partage avec Tobie Nathan des origines égyptiennes : tous deux sont nés au Caire en 1948, en plein coeur de la première guerre israélo-arabe, avant d’être contraints à l’exil par l’expédition franco-britannique de Suez. Mais les comparaisons s’arrêtent là entre l’auteur et son héros.

Débarqué en 1957 du côté de Gennevilliers, le jeune Tobie a longtemps hésité à la croisée des chemins, entre études scientifiques et vocation littéraire. A 14 ans, cet enfant du Nil rédige son premier texte, repéré par la romancière d’origine polonaise Anna Langfus (Prix Goncourt en 1962 pour Les bagages de sable). Mais il opte finalement pour la psychologie sous l’égide de Georges Devereux, l’un des premiers à soutenir que les maladies mentales se soignent de façons diverses selon les cultures. Pour cet héritier du cosmopolitisme oriental, c’est une révélation. Dès 1979, il crée la première consultation d’ethnopsychiatrie à l’hôpital Avicenne, avec un succès certain parmi les migrants. Sa méthode, pourtant, fait débat. L’emploi des marabouts et des rituels indigènes hérisse ses collègues. Quant à ses positions ambiguës, sur l’excision notamment, elles passent mal auprès des médias. On l’accuse de relativisme culturel, de sorcellerie. Mais ce franc-tireur n’en a cure, sûr de son efficacité.

L’expression d’un mystère insoluble

Non content de développer ses théories dans de nombreuses publications scientifiques, ce fidèle lecteur de Balzac et de Singer les explore depuis une vingtaine d’années en littérature, au fil de polars parus pour la plupart chez Rivages. Sombres et hallucinés, ses livres sondent les bas-fonds de la société française, des affres de l’immigration (Saraka Bô) aux ravages de la drogue (Dieu-Dope), en passant par les traumatismes post-11 Septembre (Serial eater). « Le polar est un genre qui me permet de pénétrer n’importe quel milieu, de l’habiter et de lui donner vie. »
En dépit de son titre énigmatique, Qui a tué Arlozoroff ? ne relève pas, cette fois, du roman policier à proprement parler. En Israël, cette interrogation marque, en effet, l’expression d’un mystère insoluble, d’un coupable introuvable. Car nul n’a jamais su qui a assassiné Haïm Arlozoroff, le soir du 16 juin 1933, sur une plage de Tel-Aviv. Figure politique méconnue en France, mais fondamentale en Israël, ce jeune leader du Mapaï prônait un sionisme d’extrême gauche, appelant à la création d’un Etat ouvert aux Arabes comme aux Juifs. « C’est sur le cadavre d’Arlozoroff que le sionisme de gauche a pris son essor, nous explique Tobie Nathan. Celui-ci tenait la droite pour responsable de sa mort, ce qui a durablement marqué le paysage politique israélien. »

Au-delà des querelles partisanes, c’est un autre volet de la vie d’Arlozoroff qui intéresse le romancier. Durant son adolescence, le futur diplomate juif entretint une relation passionnée avec une jeune Allemande du nom de Magda Friedländer, qui deviendra plus tard tristement célèbre sous le patronyme de Magda… Goebbels ! « Il est établi que, au lycée, Magda était une condisciple de Lisa, la jeune soeur d’Arlozoroff, et qu’elle fréquentait sans doute leur maison », souligne Tobie Nathan, se référant aux nombreuses biographies publiées sur sa personne. « Il est probable que durant cette période Magda ait été conquise par la cause sioniste et qu’elle ait même envisagé un temps d’émigrer en Palestine avec Arlozoroff. » Imaginer l’incarnation même de l’Allemagne nazie, selon Hitler, en supporteur de la cause juive n’est pas la moindre audace de ce roman. D’autant que, d’après l’auteur, les deux amants auraient continué à se fréquenter secrètement, jusqu’au début des années 1930, y compris après le mariage de Magda et du docteur Goebbels.

Faut-il voir un lien entre cette passion improbable et le meurtre d’Arlozoroff, six mois seulement après l’accession d’Hitler à la Chancellerie ? A-t-on voulu faire disparaître les preuves de cette union interdite ? Et qu’en savait le dénommé Mordekhaï Monco, survivant des camps devenu espion pour le Mossad, avant d’être abattu en pleine ambassade de France, durant la garden-party du 14 Juillet ? Autant de questions auxquelles devra répondre Ezra Moreno tout au long de ce fascinant récit, qui essaie de comprendre la relation incestueuse et quasi mystique entre le Reich et Israël. A travers le personnage vénéneux de Magda Goebbels, déesse noire mue par des forces occultes, Tobie Nathan dia-gnostique ainsi une forme de « sorcellerie cannibalique » des nazis envers les Juifs. « Comment expliquer autrement qu’en 1944 encore, alors que l’Allemagne nazie va de défaite en défaite, l’armée allemande ne trouve rien de mieux à faire que de consacrer son énergie, son matériel et son temps à capturer un à un les Juifs de Budapest ? s’interroge-t-il à voix haute. Je prétends ici que les nazis sont comparables à un groupe de sorciers se nourrissant de la chair des Juifs, qui se régénèrent par la mort de leurs proies, comme s’ils se repaissaient de leurs vies. »

Cette dernière hypothèse ne manquera pas de susciter des débats chez les historiens. Elle sert en tout cas de socle à cette fresque haletante, digne d’Alexandre Dumas pour son cortège de mystères et de complots. Oscillant sans cesse entre réalité et fiction, Tobie Nathan nous entraîne aux origines mêmes de l’Etat hébreu, dans ces années 1920 qui ont décidé du sort du monde. Avec limpidité et érudition, il brosse, comme nul autre, ces soubresauts de l’Histoire, sans se départir de l’impertinence des esprits malins. Il n’en faut pas davantage pour bâtir un grand roman populaire, dont on pressent déjà qu’il mériterait de venir chatouiller la liste des best-sellers de l’été…

Une critique dans La Provence du 18 juillet 2010

Arlozoroff, le diplomate rouge

par Jean-Rémi BARLAND

Tobie Nathan signe, avec « Qui a tué Arlozoroff? », un thriller politique

 1933! Il est des années où le destin vient s’inscrire dans le destin du monde, traçant dans la pierre des récits pour les siècles.  » Ainsi s’exprime Tobie Nathan, dans un roman tout à fait surprenant qui explore les heures sombres de l’Europe du XX » siècle. Qui a tué Arlozoroff?, son livre, tient à la fois du roman policier et du récit historique. Son personnage central, Haim Arlozoroff, était membre du Comité exécutif de l’agence juive, ministre des Affaires étrangères d’un État sans frontière, parti en 1933 négocier avec les Allemands les termes de ses « accords de transferts » qui allaient permettre, à des dizaines de milliers de juifs allemands nantis, d’échapper à l’enfer et

ce jusqu’en 1938. Il fut assassiné le 16 juin 1933 sur le plage de TelAviv et s’il avait vécu, il aurait peut-être été le premier président de l’État hébreu. Mais son destin est d’autant plus extraordinaire que Haïm Arlozoroff a entretenu une relation amoureuse avec une certaine Maria Magdalena Friedländer, qui n’est autre que l’épouse de Joseph Goebbels qui avait organisé, dès 1933, le boycott de tous les commerces juifs. Y a-t-il un lien entre le meurtre d’Arlozoroff et sa relation avec Mme Goebbels? C’est un des enjeux de ce roman, écrit comme un film d’espionnage, qui en dit surtout très long quant à l’attitude internationale pacifiste des années 30 de l’Europe entière. Nous découvrons, sous la plume de Tobie Nathan, les rouages de-la haute finance allemande, les premières implantations juives de Palestine, la structuration du nazisme et du sionisme ainsi que les causes des guerres actuelles au Proche Orient. Psychologue et anthropologue, Tobie Nathan, qui s’est fait connaître autant par ses essais que par ses romans à caractère sociologique, n’apparaît jamais ici comme un professeur enseignant l’Histoire à des élèves. C’est un habile romancier, expert en l’art de poser quelques lignes, un décor qui montre combien il sait construire un récit d’apparence classique mais finalement très inventif. Et s’il nous parle du passé, c’est pour mieux nous mettre en garde contre les démons du racisme d’aujourd’hui. Composé comme une sorte de journal, ce roman, très visuel, met en scène un couple hors normes et nous décrit les liens étroits entre l’ambition et la folie, entre la passion et le mal. Un roman citoyen.

Jean-Rémi BARLAND

« Qui a tué Mlozoroff? » de Tobie Nathan (Éditions Grasset). 430 pages. 20,90€

Une critique sur le blog « La boîte à sorties » le 25 juin 2010 par Yael :

L’ethnopsychiatre Tobie Nathan est aussi romancier. Publiant pour la première fois chez Grasset, il propose avec « Qui a tué Arlozoroff ? » une fresque séduisante sur les amours de l’ancien chef du parti travailliste israélien assassiné le 16 juin 1933 et la blonde femme de Goebbels.

Un touriste français arrive seul à Tel-Aviv pour enquêter, semble-t-il à titre personnel- sur l’assassinat vite passé sous silence d’un ancien déporté : Mordekhai Monko. Lors d’une conférence, juste avant le crime, ce dernier avait annoncé qui si on l’éliminait, on tuerait Haïm Arlozoroff une seconde fois. Il faisait référence au charismatique leader du Mapai dont le meurtre, le 16 juin 1933, n’a jamais été élucidé. Quel rapport existe entre Monko et Arlozoroff ? Qui est la mystérieuse « Tania » avec qui le héros entretient une correspondance amoureuse ? Les réponses semblent se trouver dans la relation d’amour adolescent qu’a entretenu Arlozoroff quant il avait 17 ans avec celle qui devait devenir la femme de Joseph Goebbels : Magda…

Chaleureux et généreux (notamment en expressions israélienne écrites en phonétique et immédiatement traduites), le roman de Tobie Nathan est un thriller historique à la fois fascinant et facétieux. Présentant Israël sous un angle familier et l’Histoire par de petites jalousies faciles d’accès, « Qui a tué Arlozoroff » est un livre qui ne se lâche pas, notamment parce qu’il raconte avec une finesse psychologique digne de la tradition austro-hongroise le portrait d’une femme complexe : Magda Goebbels. Laissant assez vite de côté le mystérieux Arlozoroff, et l’antihéros sympathique du livre, Nathan se concentre en effet sur cette allemande de modeste extraction qui a tout mis au point pour être riche et libre – y compris épouser un vieil industriel insupportable- avant de succomber au sabbat des sirènes nazies.

Une interview sur France 24 avec Sandrine Treiner

Sur France 24, une interview de Tobie Nathan le 20 juin 2010 à propos de son roman : Qui a tué Arlozoroff ?

et en anglais : 

Un portrait dans le Figaro par Astrid de Larminat

Tobie Nathan : Un sorcier en costume cravate

Dans son roman, Tobie Nathan enquête sur Arlozoroff, dirigeant sioniste assassiné en 1933, qui avait été l’amant de Magda Goebbels, épouse du ministre de Hitler. (Jean-Christophe Marmara/Le Figaro)

Une longue interview sur Akadem,

dans le Magazine culturel, Jean-Luc Allouche reçoit Tobie Nathan pour une présentation de son roman, Qui a tué Arlozoroff ? qui vient de paraître aux éditions Grasset.

Le 9 juin sur France Culture avec Catherine Clément

Sur France-Culture, Catherine Clément reçoit Tobie Nathan ce mercredi 9 juin à 21 heures 10 dans son émission Cultures de soi, cultures des autres, à propos des trois personnages de son roman, Qui a tué Arlozoroff ? qui vient de paraître chez Grasset : Haïm Arlozoroff, Magda Goebbels, et Joseph Goebbels.


Tobie Nathan avec Catherine Clément et Fiammetta Venner

Le 2 juin 2010 de 12H45 à 13H00, Interview de Tobie Nathan sur RCJ

Mercredi 2 juin, dans le journal de la mi-journée, Shlomo Malka interviewe Tobie Nathan pour son roman « Qui a tué Arlozoroff ? » paru aux Editions Grasset.


Tobie Nathan avec Shlomo Malka

La Libre Belgique, le 31/05/2010

Roman

Qui a tué Arlozoroff ?

Parmi les intimes d’Hitler figurait Magda Goebbels, femme depuis 1931 de son ministre de la Propagande et de l’information. Le lendemain du suicide du Führer (et de son épouse de quelques heures, Eva Braun, le 30 avril 1945, dans le bunker de la Chancellerie à Berlin), Magda G. fera empoisonner ses six enfants (elle en a eu sept) avant de se donner la mort avec son (infidèle) mari. Des ouvrages ont déjà été – entièrement ou partiellement – consacrés à cette fanatique « première dame du IIIe Reich », notamment « Les Femmes d’Hitler » de Guido Knopp et le « Magda Goebbels » d’Anja Klabunde. Enfant, Maria Magdalena (née le 11 novembre 1901) sera pensionnaire à Bruxelles, chez les ursulines à Vilvorde, et portera le nom juif de son beau-père, Friedländer. Adolescente, elle s’éprendra d’un jeune militant sioniste, Haïm Arlozoroff, qui serait peut-être devenu le premier président de l’Etat hébreu s’il n’avait été assassiné, à Tel-Aviv, le 16 juin 1933. Dans ce roman parfois étourdissant (septième de son auteur), où l’on traverse l’espace et le temps, Tobie Nathan (né au Caire en 1948, à qui l’on doit plusieurs ouvrages de psychologie et d’anthropologie) fournit une explication – fictive – à la mort de l’ancien amour de Mme Goebbels : c’est pour littéralement offrir « son » Juif à ce Führer qu’elle vénère (lui qui s’est juré de les exterminer jusqu’au dernier) qu’elle organise ce crime, cette sorte de « sacrifice ». Ce récit, bien construit, met donc en scène, principalement, une Allemande ambitieuse à l’extrême, qui incarnera l’ »Aryenne parfaite », qui avait pour elle beauté, intelligence et fortune (due à son richissime premier mari, l’industriel Günther Quandt) et qui voua une admiration éperdue à un Hitler qui, jusqu’à la veille de sa mort, ne se voulut d’autre épouse que l’Allemagne, mais que Magda Goebbels fascinait. Un romanlibrement inspiré de faits réels, qui risque de susciter la polémique, dont cette femme fatale – qui se prit pour une déesse d’enfer – est l’antihéroïne, aussi redoutable que laJuliette de Sade, la Merteuil des « Liaisons dangereuses » ou la Milady des « Trois mousquetaires ». Un personnage complexe, vénéneux, voulant se hisser au niveau des monstres qu’incendiait leur haine absolue des juifs, et dont le livre de Tobie Nathan propose un portrait sulfureux. (Fr.M.)

Tobie Nathan, Grasset, 426 pp., env. 20,90 €

en anglais — english

Who Killed Haim Arlozoroff?

By Benjamin Ivry

The Cairo-born French Jewish ethnopsychiatrist Tobie Nathan is a man of many talents. A prolific novelist as well as teacher, Nathan recently published “My Patient, Sigmund Freud” with Les Éditions Perrin.

Nathan’s new novel, “Who Killed Arlozoroff?” from Les Éditions Grasset reveals other fields of knowledge. It starts with a French journalist with Egyptian Jewish roots entering a Tel Aviv bar and ordering a mitz gezer. A self-appointed critic standing next to him, guzzling Arak, slates his choice of beverage, a plausible sequence of events to anyone familiar with Tel Aviv.
Nathan indubitably is familiar with the city, since he just spent five years stationed there as French cultural counselor, although last September he was transferred to the French Embassy at Conakry, Guinea. Plausible details are essential to his fluently adventurous narrative.

History tells us that in 1933, the left-wing Israeli political leader Haim Arlozoroff was assassinated on a Tel Aviv beach, soon after returning from Nazi Germany where he negotiated the release of some German Jews. The still-unsolved crime, notes Nathan, became a “myth which made it possible to separate leftists from rightists,” since left-wing Israelis believed that Arlozoroff was killed by right-wingers, whereas anyone who believed any other hypothesis “would be labeled right wing.”

Another historical fact is that Magda Behrend, who later married Joseph Goebbels, was a friend of Arlozoroff’s sister Lisa. From this, Nathan develops a fictional love affair between Arlozoroff and the future Mrs. Goebbels, as a plausible motive for murder. Also invented is a more recent murder victim named Mordechai Monco, a septuagenarian Holocaust survivor, former gay prostitute, and Mossad spy. As a boy, Monco is successively raped by Nazis, a Rabbi, and a British officer, in a series of misadventures worthy of Voltaire’s Cunegonde.

Throughout such wild subplots, the somber majesty of Tel Aviv’s history underlies the plot, adding dignity even to sensationalist episodes. Nathan notes that the famed 1909 photo by Avraham Soskin of the founding of Tel Aviv implies that the city was established by “freely negotiated contract,” whereas the still-mysterious killing of Arlozoroff reminds us that in reality, “everything began with a murder, on this precise beach.”

Myths of origin are essential to ethnopsychiatrists like Nathan, following in the footsteps of the science’s Hungarian Jewish principal founder, George Devereux.

Watch Tobie Nathan lecture at Bar Ilan University in 2006 here.


librairie Vice-Versa Jérusalem

LE CHOIX DES LIBRAIRES

Qui a tué Arlozoroff? de Tobie Nathan, aux Editions Grasset


Un polar d’aujourd’hui avec un mort dans les jardins de l’Ambassade de France à Tel-Aviv, un flic et un journaliste-enquêteur… Tout ce qu’il faut pour faire un bon polar… Mais mais ce serait mal connaître Tobie Nathan… alors il nous concocte ça à la sauce nazi/psychanalyse/histoire du sionisme !!!! Et on sort de là riche d’un savoir inédit, inouï, inespéré, inattendu… des révélations incroyables sur les amours de Victor Arlozoroff avec Magda la future Mme Goebbels –qui apprend l’hébreu et veut suivre Haïm/Victor en Palestine !!!!!!!! Et un bon grand moment de bonheur de lire.


Tobie Nathan a été pendant 4 années conseiller de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France à Tel-Aviv.

QUI A TUÉ ARLOZOROFF ?
De Tobie NATHAN (Editions Grasset)

par Jacques Benillouche

le 16 mai 2010

Il était difficile à Tobie Nathan de quitter son poste de conseiller culturel à l’Ambassade de France à Tel-Aviv, durant cinq ans, sans y laisser une trace tangible de sa mission diplomatique. Il savait charmer son auditoire à chacune de ses interventions et, avec son dernier roman, il renoue les liens avec ceux qui le liront après avoir aimé l’écouter. Il a réalisé une performance à la fois d’historien et de romancier car « Qui a tué Arlozoroff » est avant tout un thriller, se déroulant à Tel-Aviv et mêlant l’Histoire et le suspense, dont les ramifications se retrouvent en Europe à l’heure où les juifs se battaient pour leur survie et Israël pour sa création.

Peu de jeunes israéliens connaissent l’histoire de Haïm Arlozoroff et la seule réponse consisterait pour eux à dire qu’il s’agit du nom d’une grande artère de Tel-Aviv ou celui d’une sortie du périphérique. Grand socialiste progressiste, gauchiste dans la terminologie moderne, sorte de ministre des affaires étrangères avant la création de l’Etat, il aurait pu être leader à la place de David Ben Gourion. Il avait créé, le premier, le concept de deux peuples sur une même terre dans une sorte de théorie d’Etat binational avant l’heure mais il a dû par la suite déchanter. Le Foyer National devait, selon lui, intégrer « la politique d’une compréhension mutuelle entre les deux peuples ». Il avait négocié des accords « de transfert » avec le gouvernement nazi consistant à permettre l’immigration organisée de Juifs allemands en Israël mais les révisionnistes de droite mirent tout leur poids pour faire capoter le projet.

L’auteur ne se borne pas à des considérations politiques puisqu’un roman ne se conçoit pas sans une histoire d’amour tumultueuse. Il nous conte alors, à sa manière truculente, la passion amoureuse de Magda Goebbels, devenue croqueuse d’hommes par déception amoureuse, éprise de ce juif russe Arlozoroff alors que, allemande et fille adoptive de juif, elle devait par la suite épouser le théoricien de la propagande nazie.
L’assassinat d’Arlozoroff nous conduira progressivement à un puzzle que le lecteur reconstituera au fil des pages car plusieurs officines avaient intérêt à éliminer cet intellectuel politique juif, trop en avance sur son temps. Plusieurs hypothèses sur le commanditaire du meurtre avaient été échafaudées mais le doute plane encore et le secret reste bien gardé dans les mémoires israéliennes.

Ce roman, d’une écriture fluide et recherchée, se lit d’une traite tant le lecteur est absorbé par une histoire qui oscille sans cesse entre réalité et fiction. L’auteur en profite pour faire œuvre d’historien car la création d’Israël a été peu contée par les auteurs français. Les amoureux de vraie littérature auront le double plaisir de s’informer sur une période dramatique juive tout en accompagnant leur détente au soleil, cet été, au bord de la plage de Tel-Aviv, où Tobie Nathan a planté son décor, non loin de l’Ambassade de France.

Grasset tient certainement un candidat sérieux à un prix prestigieux à moins que le roman ne fasse l’objet d’un film qui lui donnera son envol. D’ailleurs l’auteur laisse transpirer dans son récit l’ébauche d’un scénario dramatique où les scènes sont déjà découpées pour donner au film toute son intensité dramatique. La psychanalyse mène à tout, à la diplomatie certes, mais aussi à la littérature de qualité.


Luc Rosenzweig

NATHAN LE PAS SAGE 
Qui a tué Arlozoroff ? Tobie Nathan mène l’enquête

par Luc Rosenzweig dans Le Causeur

le 14 mai 2010

Qui a tué Arlozoroff

L’époque

Années ’30’ — dans ces moments où le monde asphyxié par la crise économique, retient son souffle, alors que l’Europe couve la plus grande tragédie de l’histoire, sur un lopin de terre désertique, un pays est en train de naître, déjà en proie aux oppositions politiques, à la constitution de groupes de pression, aux conflits de pouvoir et de personnes… Palestine… Israël

Dans la nuit du 16 juin 1933, sur la plage de Tel-Aviv, Haïm Arlozoroff, Directeur des Relations politiques de l’Agence Juive, est abattu de deux balles de revolver par deux inconnus. Ce brillant intellectuel de 33 ans, Ministre des Affaires Etrangères du Yishouv, la première implantation juive en Palestine, avait été aussi le premier amant et sans doute le seul véritable amour de Maria Magdalena Friedländer, qui deviendra Magda Goebbels et se suicidera avec Joseph Goebbels, son mari et Adolf Hitler, en 1945, dans le bunker de Berlin assiégée, après avoir empoisonné ses six enfants.

Le contexte

• Le 30 janvier, Adolf Hitler devient Chancelier, à la tête d’un gouvernement de coalition chargé de mener une politique de redressement national.

• Le 11 mars, Joseph Goebbels est nommé Ministre de la Propagande et de l’Instruction du Peuple.• Le 26 avril, Herman Goering fonde la Gestapo.

• Le 10 mai, 20 000 livres jugés « décadents, corrupteurs et étrangers à l’esprit allemand » sont brûlés en un gigantesque autodafé à Berlin et dans tout le pays.

• Le 15 juin, Haïm Arlozoroff, chef du département politique de l’Agence juive, Ministre des affaires étrangères du Yishouv, rentre de son voyage en Europe. Il était parti négocier avec les autorités nazies les accords de transfert.

Extrait : “Ils en brûlèrent 20.000 ce soir du 10 mai. Ils brûlèrent Heinrich Heine, Karl Marx, Sigmund Freud, Albert Einstein, Franz Kafka, Stefan Zweig, Arnold Zweig, Erich Maria Remarque, Bertolt Brecht… et tant d’autres encore. L’on aurait pu comprendre dès ce moment que les Allemands faisaient là bien plus que brûler des livres, ils livraient leur âme à la secte des sorciers.”

• Le 16 juin 1933 Arlozoroff est abattu sur la plage de Tel Aviv de deux balles de revolver par deux inconnus qui prennent la fuite…

Qui a tué Arlozoroff ?

L’auteur

Tobie Nathan était en poste à l’Ambassade de France, à Tel-Aviv, durant 5 années en tant que Conseiller culturel. Il a eu le loisir de parcourir le pays, de rencontrer toutes sortes de gens, ceux du passé et ceux d’aujourd’hui. C’est aussi le roman foisonnant d’informations d’un diplomate qui a aimé Israël et ceux qui peuplent ce pays, qui nous donne ici quelques clés sur le mystère de sa fondation.

Réputé pour ses travaux en ethnopsychiatrie, Tobie Nathan mène en parallèle une carrière d’écrivain : il a écrit de nombreux romans (dont un porté à l’écran: Saraka Bô) et une pièce de théâtre.


l’auteur devant l’a tombe de Haïm Arlozoroff au cimetière de la rue Trumpeldor à Tel Aviv

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