• Quelqu’un qui déteste le sport ne peut être une mauvaise personne (Elise Fontenaille)

« J’ai horreur du sport et de l’hypocrisie. J’aime gâcher la fête en général »…

C’est ce que déclare Elise Fontenaille lorsqu’on l’interroge sur les JO de Vancouver.

Les disparues de Vancouver… Un roman… à peine — presque tout y est authentique… Un enquête… sans doute, on sent qu’elle a fureté, fouillé, rencontré, discuté, évoqué, fournissant ses images à des témoins sans voix… Un mythe… presque un mythe, tellement les actes sont énormes, comme ceux que la mythologie raconte à l’origine d’une ville, à sa fondation, à l’origine d’un peuple… Comme ces récits atroces qui précèdent et fondent la civilisation.

Les disparues de Vancouver… je crois bien qu’il s’agit d’un récit des origines. Les Canadiens et les Indiens. Disparus, les Indiens ? Non ! Toujours là, malgré le whisky, malgré les réserves, malgré les avantages consentis aux « premières nations »… Surtout malgré les pensionnats catholiques et les tentatives d’assimilation par la capture d’enfants enrôlés de force dans la culture des Blancs. Et à la génération suivante ? Des prostituées héroïnomanes dans le quartier de Downtown Eastside, qui offrent leur corps contre une dose.

Durant la décennie de 90 à 2000, 69 d’entre elles disparaissent sans émouvoir la police plus que ça ; la police qui les pense victimes de bad dates, de rencontres avec des hommes qui paient pour cogner et qui auraient cogné trop fort… Et puis elles étaient indiennes ou métisses, comme l’héroïne morte du livre, Sarah de Vries, métisse de black et d’indienne, élevée par des bourgeois catholiques et blancs avant de s’exploser à l’adolescence…
Mais non ! Un seul homme a commis tous ces meurtres, William Pickton, éleveur de porcs et tavernier, proche des Hells Angels, qui a massacré ces femmes et en a partagé la viande. Préparée, il l’a offerte, cette viande des femmes sacrifiées, à ceux qu’il voulait corrompre, associer à ses actes de sorcellerie nationale. Et ils ont mangé ! Nombreux sont ceux qui ont mangé parmi les habitants de Vancouver, précisément ceux qui fréquentaient sa taverne, son hangar où les Hell’s Angels venaient engloutir des bidons de bière sur fond de rythmes assourdissants.
Personne n’a pensé en l’affaire. Pickton est un serial killer, « serial eater », qui ne sait trop quoi faire d’une partenaire en amour : en jouir ? la battre ? la dévorer ? Quoi d’autre encore ? Il n’a rien pensé, débordé par une force obscure qui lui donnait sans doute la sensation d’être unique.
Vancouver n’a rien pensé — pour autant qu’une ville « pense » — sinon que sous le manteau de neige immaculée, on peut recouvrir bien des horreurs, et surtout celles du passé… Quelque chose a pensé… qu’il fallait digérer ces Indiens, les inclure, les incorporer…
D’où il ressort cette impression subtile (merci Elise Fontenaille !) que « l’assimilation » de ceux pour qui l’on sait ce qui est bon est quelquefois toute proche de la sauvagerie des origines.
TN

Une réflexion sur “• Quelqu’un qui déteste le sport ne peut être une mauvaise personne (Elise Fontenaille)

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