Déjeuner avec Aphrodite

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conversation

 

couvertureVanityOn mangera des coquilles Saint-Jacques, naturellement, arrosées d’un petit vin grec résiné…

Dans le N° 9 de Vanity Fair, de février-mars 2014

 

Dans son dernier livre, Philtre d’amour, Tobie Nathan levait le voile sur les mystères de l’amour. Aphrodite, la déesse grecque l’a appelé au téléphone pour régler la question… Et elle n’était pas contente !

Vanity Fair N° 9

 

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Geo-politique Polar

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Guinée : dans la tête de Moussa Dadis Camara

17/02/2014  Par Nicolas Michel

dans Jeune Afrique

Patience-couvDans son dernier roman, l’ethnopsychiatre Tobie Nathan s’aventure dans le monde ubuesque du capitaine Moussa Dadis Camara qui régna sur la Guinée après la mort de Lansana Conté.

Avec la même précision cruelle que la balle tirée par le chef de la garde présidentielle Aboubacar « Toumba » Diakité le 3 décembre 2009, l’ethnopsychiatre Tobie Nathan a réussi l’exploit d’entrer dans la tête de l’ancien président guinéen Moussa Dadis Camara. Un exploit totalement littéraire, bien sûr, puisque c’est dans son dernier roman, Les Nuits de Patience, que l’auteur de Saraka Bô s’aventure dans le monde ubuesque du capitaine qui régna un an sur la Guinée après la mort de Lansana Conté. Le point de départ d’une intrigue aux nombreux rebondissements ? Sans doute la petite phrase de l’ambassadeur de France en Guinée le jour où il reçut Tobie Nathan, nommé conseiller de coopération et d’action culturelle à Conakry : « C’est plutôt bien qu’ils m’envoient un ethnopsychiatre, le président est complètement fou ! »

folie

Qu’en dites-vous, docteur ? « Le président se levait vers 14 ou 15 heures, se souvient Nathan. Il recevait les ambassadeurs la nuit et organisait des réunions où il prenait lui-même la plupart des décisions. Parfois, ses interventions étaient publiques et filmées, comme ce fameux « Dadis Show » au cours duquel le directeur des douanes fut renvoyé. Il souffrait à mon avis d’une vraie psychopathologie. La rumeur le disait malade et drogué, ses décisions étaient erratiques, incompréhensibles, parfois même aberrantes. »

>> À lire aussi : Docteur Dadis et Mister Camara

Inspiré par le personnage, l’auteur de polar n’a pas résisté au plaisir d’en faire un protagoniste central de son livre, nommé en l’occurrence Youssoufou Davis Kourouma. Et cela donne ce genre de digression : « Vous savez qu’il a un casier judiciaire ? Il n’a pas eu « l’amnestie ». Il faut que vous « chachiez » ; il faut que le peuple « chache ». Il est en train de raconter des bobards… Il parle tantôt de Forestiers… Il les appelle les mangeurs de viande de singe. Il nous appelle « des singes ». Je suis Forestier. Est-ce que j’ai l’air de manger la viande de singe ? Est-ce que j’ai l’air d’un singe ? C’est grâce aux Forestiers que les rebelles ont été combattus et chassés de Guinée. L’Afrique a ses valeurs. Ce n’est pas seulement les Forestiers qui ont combattu. Les Peuls ont combattu, les Soussous ont combattu… »

Observateur attentif du jeu politique qui se déroulait devant ses yeux, Tobie Nathan a essayé d’en décrire toute la folie, qui culmina avec le massacre du 28 septembre au stade du 28-Septembre. « Pour écrire Saraka Bô, j’ai utilisé toute la substance de ma clinique, j’ai imaginé la vie de mes patients en dehors des consultations, dit-il. En Guinée, je suis intervenu dans l’hôpital où étaient notamment soignées les femmes violées dans le stade. C’est de cette manière que j’ai connu les dessous de l’affaire : la connaissance m’est venue des patients. »

cruauté

Racontant l’initiation d’un jeune ethnopsychiatre, son amour soudain pour une superbe Guinéenne alors même qu’il est homosexuel et son départ pour l’Afrique, Les Nuits de Patience sont un roman qui plonge dans les arcanes d’une politique africaine que l’Occidental moyen ne peut guère comprendre. « Il n’y a pas de politique sans sorcellerie en Afrique, s’exclame Nathan. Sékouba Konaté ? On faisait venir pour lui des camions remplis d’albinos à la présidence pour attirer la chance, je les ai vus ! Toumba ? C’était le fournisseur de fétiches de Camara ! Quant aux ethnies, ce sont des réseaux politiques. On ne peut rien comprendre si on ne comprend pas ça ! »

Mais Tobie Nathan n’observe pas que l’Afrique, il scrute aussi les Français en Afrique. Avec une saine cruauté. « Les politiciens français ne connaissent pas l’Afrique… Si la situation en Guinée est devenue ubuesque, c’est en partie parce que des responsables en France voulaient installer un ami à la place de Dadis et que ce dernier l’a su… Vous savez, la nuit du 4 Août n’a pas eu lieu au Quai d’Orsay. »

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Littérature | Guinée : dans la tête de Moussa Dadis Camara | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique Follow us: @jeune_afrique on Twitter | jeuneafrique1 on Facebook

LogoTV5et une Interview sur TV5 Monde :

ET SI… VOUS ME DISIEZ TOUTE LA VÉRITÉ

Denise Epoté accueille une personnalité africaine du monde politique, économique ou culturel qui fait l’actualité sur ce continent en pleine mutation.

Invité : Tobie Nathan, l’ethnopsychiatre vient de publier « Les Nuits de patience », un ouvrage dans lequel il se met dans la peau de Dadis Camara, auteur du coup d’État de 2008 en Guinée.

à visionner ici <—

L’étranger

Letrangeren librairie depuis le 12 février :

L’étranger

ou le pari de l’autre

de Tobie Nathan

www.autrement.com

© Éditions Autrement, Paris, 2014.

Extraits de l’avant-propos :

J’ai voulu ici parcourir la notion d’étranger du point de vue d’autres mondes…

La connaissance de ces « autres », de leur écologie, de leurs modes d’existence, de leurs intentions, de leurs exigences, passionne littéralement les humains. Mais les explorations auxquelles se livrent ceux des mondes éloignés prennent des chemins très différents des nôtres. Lorsqu’ils entreprennent une investigation de l’altérité, ils savent que l’esprit seul ne peut suffire. Pour appréhender un autre qui n’est pas un semblable, il faut lui céder notre corps et notre âme, du moins le temps de la rencontre.…/…

LogoAutrementExtraits de la conclusion :

Pour recevoir les étrangers dans leur différence – non comme des semblables habitant ailleurs, mais comme des autres –, il nous faut garder à l’esprit ces quelques lois d’hospitalité.

Les lois d’hospitalité qui vont suivre ici découlent du constat de la différence. Ceux qui la nient seront possédés par la question de l’altérité, obsédés, incapables dès lors de penser par leurs propres moyens.

L’hospitalité se décline le long d’une cascade de questions que l’on peut poser ou, mieux encore, que l’on garde par-devers soi comme préalables indispensables, n’ayant de cesse d’y apporter une réponse.

– Qui es-tu ? Quel est ton être ? Autrement dit : quel changement dans le monde produit ton existence. En un mot : quel est ton nom ?

– Qui es-tu ? Qui est ton père ? Comment désigne-t-on ton ancêtre ? Non pas ton grand-père, le grand-père de ton grand-père, non ! Ton ancêtre ! Celui à partir duquel tu déclines les générations.

EtrangerBiche– Qui es-tu ? Quel est ton dieu ? Quelle est ta foi ? Quels sont les invisibles qui t’accompagnent ? Je connaîtrai ainsi les rails dont tu peux dérailler, mais aussi les chemins qui te traversent.

– Qui t’envoie jusqu’à moi ? Est-ce ta famille, ton groupe, ta nation, quelque invisible ? Dans quelle bouche a résonné mon nom ? Dans quel espace s’est répandu son écho ?

– Pourquoi viens-tu ? Qu’est-ce qui t’amène ici ? J’admets volontiers que tu ne saches d’emblée répondre à cette question. Accepte de la parcourir avec moi. Aide-moi à expliciter tes intentions.

Et voici la dernière des lois de l’hospitalité qui, à l’analyse, englobe toutes les autres : accueillir les étrangers, non par bonté, ni par humanité, ni en vertu d’une morale ou d’un commandement transcendant, mais comme on reçoit un signe, un message…

Dans la presse…

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L’ethnopsychiatre Tobie Nathan n’est pas du genre à se laisser piéger par un mot. Dîtes « étranger » et il balaie d’un trait les histoires de frontières, de papiers, de culturalisme vs. universalisme, etc. Ce ne sont que de faux problèmes dans un monde qui « regorge de semblables ». L’étranger radicalement autre, voilà le coeur du sujet de l’altérité. Tobie Nathan s’est donc aventuré chez les aliens, les djinns, les djinns, les esprits, ces autres véritables auxquelles les pensées traditionnelles savent demander : qui es-tu ? D’où viens-tu ? Pourquoi viens-tu ? Et nous voilà en pleine science fiction avec créatures à ventouses, phénomènes inexpliqués, panique de la science, ethnopsychiatre à la rescousse, le tout entrecoupé de réflexions issues d’un vieux mémoire de philosophes constructivistes. La démarche est risquée et l’auteur y avance à sa manière : oblique, érudite, avec de brusques plongées dans les abysses. Le résultat est, forcément, singulier.

Catherine Portevin dans Philosophie Magazine N° 72, mars 2014

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