Le Grand Atelier de Vincent Josse sur France inter

Pour (ré)écouter l’émission <— ici

avec les invités de Tobie Nathan :

  • Simon, Jean-Claude, Renaud, Olivier… Reportage dans la friperie Chez Simon’s avec ses habitués.
  • Alexandre Lacroix, auteur et directeur de la rédaction de Philosophie Magazine. Il enseigne l’écriture créative à Sciences-Po Paris.
  • Reportage à l’école d’écriture Les mots pendant l’atelier de Tobie Nathan. L’école « Les mots » propose des stages et des ateliers d’écritures encadrés par des professionnels et des écrivains.
  • Reportage d’Elsa Daynac : l’exposition Malick Sidibé, Mali Twist à la Fondation Cartier avec André Magnin, le commissaire de l’exposition.
  • Antoine Vitkine, journaliste, écrivain français et réalisateur de documentaires. Son dernier documentaire : Magda Goebbels : la première dame du IIIe Reich diffusé le mardi 21 novembre sur France 2 à 22h.
  • Alain Kruger, journaliste et producteur de l’émission On ne parle pas la bouche pleine, sur France Culture.
  • Abou Diarra, chanteur et joueur de n’goni (harpe guitare malienne), dernier album : Koya.

Chez Simon’s, 12 Bd Arago à Paris (photo Vincent Josse)

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Le Grand Atelier

Vincent Josse

à ne pas manquer !

Dimanche 5 novembre de 15 à 17h00 sur France inter

Tobie Nathan dans le Grand Atelier de Vincent Josse

Simon’s au 12 Bd Arago à Paris

Deux heures en compagnie d’un(e) invité(e) pour découvrir son univers, ses goûts, ses choix, ses envies ! Vincent Josse lui donne carte blanche pour inviter qui elle veut, qui il veut…

Tobie Nathan avec ses amis de toujours, ceux du Centre Georges Devereux, de Philosophie Magazine, des empêcheurs de penser en rond et de la friperie Simon’s, 12 Bd Arago à Paris…

Un moment de radio

Ese Pa’is al que te pareces

Traduction espagnole de Ce Pays qui te ressemble (Stock 2015, Le Livre de Poche, 2017)

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en_espagnol¡Hola lectores! El tiempo otoñal sigue sin llegar, pero lo que si llega a yoleomaeva es otra novedad. Hoy cambiamos de género y dejamos de lado el local crime para viajar a un país misterioso y multicultural con una novela finalista del premio Goncourt. Hoy presentamos…

Ese país al que te pareces

EsePais2Zohar nace en el gueto judío de El Cairo, de una madre bruja, Esther, y de un padre ciego, Mouty. Zohar le debe la vida a una mujer árabe, Jihanne, la de la voz de oro, su ama de cría, que durante cuarenta días amamanta a Zohar y a su propio bebé, una niña llamada Masreya. Quince años más tarde, los hermanos de leche se encuentran por azar y la atracción será inmediata. Se amarán toda la vida en secreto, pues el amor entre hermanos de leche está prohibido. Masreya se convertirá en una famosa bailarina, pretendida por su belleza. Conocerá a muchos hombres, pero su único amor será Zohar. Al mismo tiempo que el lector sigue la historia de los dos amantes, también conoce la convulsa historia del país y un retrato singular de Egipto.

—> Site de Maeva

Jésus le politique, Jésus le guérisseur

couvJésus… retracer le parcours exceptionnel de Jésus, un personnage omniprésent dans notre monde alors qu’on en sait assez peu sur lui ; alors que, paradoxalement, après 2000 ans de recherche, il reste presque un inconnu. Il imprègne notre vie quotidienne par des paroles,  des expressions, des maximes, par une morale, aussi et une certaine vision politique. Il est partout, dans les expressions de notre langue, dans nos proverbes, nos habitudes mentales, mais aussi dans la statuaire, dans les tableaux, dans les cimetières, aux carrefours, dans la musique et — ô combien ! — dans les discours politiques, où l’on nous promet sans cesse, comme dirait Ernest Renan, l’avènement du « royaume » des pauvres.

Jésus est aussi présent en négatif, dans des attitudes inverses, les délinquances et les folies… Rares sont les malades délirants qu’il m’est arrivé de rencontrer qui ne l’ont évoqué. Certains racontent qu’ils l’ont aperçu, qu’il leur est apparu ou qu’ils ont conversé avec lui. D’autres se sentent habités par lui, à moins, qu’il ne se fût incarné en eux…

Jésus est aussi un interlocuteur, on l’appelle, on l’invoque, on le prie… Il est le compagnon des laissés pour compte, des démunis, des malades. Ici, en France, en Europe, et aussi loin d’ici, en Afrique, en Amérique du sud, et de plus en plus en Chine… Il faut le savoir, Jésus, c’est 2,4 milliards de fidèles, Mohammad, 1,5 milliards ; les dieux indiens n’atteignent pas le milliard ; quant au Dieu juif, il plafonne tout juste à 15 millions…

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Jérusalem, entrée du Saint-Sépulcre © Tobie Nathan

Si Jésus est partout, aucun document n’atteste avec certitude sa réalité historique au point que certains chercheurs prétendent qu’il n’a peut-être jamais existé ou bien qu’il a été multiple, qu’il en a existé des dizaines, que celui qui est inscrit dans les Écritures est une sorte de précipité, une image mythique, aussi floue qu’elle est dense.

Quant à moi, je suis allé puiser dans les ressources historiques, celles qui reconstituent l’époque, l’atmosphère où il a vécu, très peu dans les exégèses théologiques. Il va de soi que Jésus, c’est aussi Le Christ, Le Sauveur, à la fois homme et dieu. Je n’aborde que sa part d’histoire et dans cette double perspective qui me questionne et, je l’avoue, me fascine : Jésus le politique, Jésus le guérisseur… J’espère ne froisser personne en ne discutant que sa part d’histoire. Mais l’honnêteté exige que l’on n’outrepasse pas la frontière de ses compétences.

Tobie Nathan

couvJésusEn librairie : T. Nathan, Jésus le guérisseur. Paris, Flammarion, 1er novembre 2017

Vous pouvez acheter ce livre —> Amazon Fnac

 

Dans Culturebox du 17 octobre 2017

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« Les âmes errantes », Tobie Nathan à l’écoute des jeunes radicalisés

Par Laurence Houot @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox

publié le 17/10/2017 sur Culturebox

 

TN_EvaPerreuxL’écrivain et ethnopsychiatre Tobie Nathan a reçu et écouté pendant trois ans des jeunes en voie de radicalisation et leurs familles. De ce travail, il a tiré un livre, Les âmes errantes (L’Iconoclaste), dans lequel il jette un pont entre sa propre existence d’immigré juif égyptien et ces vies d’enfants « capturés » par une idéologie religieuse radicale. Un livre passionnant, et beau.

Tobie Nathan s’est fait une spécialité de l’ethnopsychiatrie, une pratique de la psychiatrie qui intègre la dimension anthropologique du patient, ses origines, les rites de la culture de ses ancêtres. Il travaille depuis 25 ans avec les populations de migrants, de première et deuxième génération, dans le centre Devereux, du nom de l’un des fondateurs de cette discipline. En 2014, le gouvernement a confié à ce centre le suivi d’une soixantaine de jeunes « capturés » par l’Islam radical.

De toutes origines, tous signalés par un parent, souvent la mère, parfois des enseignants, ces jeunes ont été reçus et écoutés. Quelle est leur histoire, qu’est-ce qui les fait basculer dans la radicalité ?  C’est tout l’enjeu de cette démarche.

L’une est d’origine sénégalaise, née à Paris. Quand elle entre dans le cabinet de Tobie Nathan, la jeune fille est voilée de la tête aux pieds, « On ne lui voit que les yeux, même en plein été, elle a enfilé des gants de laine, noirs », raconte Tobie Nathan. Quelques mois plus tard, elle viendra sans, et aura entre temps « initié » le questionnement de Tobie Nathan. Pourquoi le voile fascine-t-il cette jeune fille ? Pourquoi tient-elle tant à le porter ? Que représente-t-il pour elle ?

« Appartenance culturelle défaillante, filiation flottante : le cocktail explosif »

Une autre est élevée par sa mère seule (le père ne l’a pas reconnue), une espagnole émancipée de sa famille et de la religion, arrivée en France à l’âge de 17 ans. Elle a eu une fille qu’elle élève seule. Un jour elle retrouve dans la chambre de sa fille un tapis de prière… « Appartenance culturelle défaillante à la première génération, filiation flottante à la suivante », voilà une formule récurrente qui constitue le terreau de la radicalisation. « Un cocktail explosif », nous explique Tobie Nathan.

Un autre encore est issu d’une famille polonaise très pratiquante. Le jeune homme s’est converti à l’Islam et en applique à la lettre tous les perceptes. Abandonné par son père biologique dans l’enfance et élevé par une mère « affligée par une immigration hasardeuse », le jeune homme est lui aussi ce que Tobie Nathan appelle une « âme errante ». Mais « les âmes n’errent jamais longtemps », ils sont les proies idéales pour les recruteurs.*

Le « concept ouvre-boîte »

Des récits de vie comme ceux-là, Tobie Nathan et ses collègues du centre Devereux en ont entendu des dizaines. Le thérapeute a consigné chaque détail de ce travail « clinique ». Une somme, des milliers de pages, dont il a ensuite fait une synthèse, un rapport. Des milliers de notes qu’il a passées au filtre d’une une dizaine de concepts (la laïcité, la filiation, le voile…), pour essayer de mieux les lire, de mieux comprendre ce qui jette ces « âmes errantes » dans la radicalité.

Tobie Nathan précise : s’il a voulu approcher ses enfants radicaux par le cœur, il a voulu avant tout tenter de les approcher « par l’esprit, par la pensée, fournir des idées, des concepts, qui rendent leurs entreprises moins opaques à nos consciences ». Il ajoute : « Je pense qu’on ne peut pas entrer dans un cas clinique à partir de l’histoire des gens, il faut rentrer par des concepts. Et donc tout le travail de ce livre a été d’isoler les concepts. J’en ai isolé une dizaine, et je les ai utilisés comme des ouvre-boîte pour entrer dans la matière », explique-t-il.

« Regarder ces jeunes à travers le prisme de ma propre jeunesse »

L’autre chemin que l’ethnopsychiatre a emprunté pour pénétrer dans ces récits de vie, et pour tenter de comprendre les mécanismes de ce processus de « radicalisation » est sa propre histoire. Tobie Nathan a quitté l’Égypte en 1957.

« Comme la plupart des gamins qui ont émigré, je me souviens surtout du départ, de ce moment, sur un quai du Port d’Alexandrie… Ce moment où nous avancions lentement sur la passerelle. Je n’étais pas bien grand ; j’avais neuf ans. Je me suis retourné et j’ai regardé, entre les manteaux des adultes, ce pays qui partait en fragments », se souvient-il dans son livre. « J’aurais dû être terrifié, triste aussi ; j’aurais dû pleurer… Au fond de moi je restais de marbre. Il me semble que j’ai consacré ma vie à éclaircir l’étrangeté de ce moment ».

Tobie Nathan a donc croisé les récits de vie de ces jeunes radicalisés avec sa propre existence, et les moments où il a eu à se confronter à « des problèmes semblables aux leurs ». « C’est donc l’articulation de la vie de jeunes gens d’aujourd’hui, pris par une idéologie qui les a capturés, que j’ai regardés au travers du prisme de ma propre jeunesse, où j’ai été moi aussi capturé par une idéologie, une autre, et c’est ce regard croisé en fait, qui m’a fait écrire ce livre ».

On peut dire « c’est une bande de crétins », c’est la réaction immédiate. Mais si on se dit, moi aussi j’étais un crétin, et j’ai « déconné », et que l’on s’interroge sur ce qui s’est passé. Comment sortir de cette affaire ? Comment peut-on avoir un avenir après une chose pareille ? C’était ça ma question, parce que je pense profondément que le métier de psy est un métier de devin, c’est-à-dire qu’il faut pouvoir penser un avenir à la personne qui est en face de vous, il ne s’agit pas de l’enfoncer dans son passé, il s’agit de l’imaginer dans un devenir »

Un geste double

« Les âmes errantes » est bien plus qu’un essai, ou un document. Pas de statistiques, pas de recettes mais chaque chapitre offert comme « une halte, le temps d’une réflexion ». Écrit dans une très belle langue, qui sert un propos mesuré, réfléchi, ouvert, ce livre est un geste, un geste vers ces « âmes errantes », une porte ouverte, rendant le retour possible.

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Les âmes errantes, ed L’Iconoclaste, 2017

« J’ai pensé ce livre comme un guide à la fois pour tous ceux, et c’est normal, qui sont sidérés par ces jeunes gens, un guide pour les sortir de la sidération afin qu’ils puissent écouter ce que ces jeunes ont à dire. Et un guide aussi pour ces jeunes gens, au cas où ils auraient envie de revenir parmi nous. Pour leur donner un moyen de revenir, et de se penser de manière positive ».

« Les âmes errantes » est aussi un geste d’écriture. « Qu’est-ce que l’écriture ? », sujet ultime, évoqué dans le dernier chapitre. « Là-dessus, je suis resté un peu en suspens. C’était trop fort pour moi. Je reviendrai sur la question plus tard », s’amuse l’écrivain.

Toujours est-il. « Les âmes errantes » est l’un des livres les plus beaux et les plus passionnants de cette rentrée.

Extrait :

Je raconte ce que j’ai entendu, ce que j’ai senti, perçu, conçu en les rencontrant, en échangeant avec leurs proches, en lisant les dizaines d’ouvrages qui leur sont consacrés chaque mois. Peut-être s’étonnera-t‑on de ne pas trouver ici de « profils psychologiques » (comme si cela pouvait avoir un sens), ni de statistiques. Outre que je suis opposé à la facilité des chiffres qui rabattent toujours les phénomènes vers les idées les plus banales (la médiocrité des moyennes), je voudrais rendre compte de destinées en mouvement, saisir des forces en action. Je veux comprendre les dynamiques qui font passer, en quelques semaines ou en quelques mois, de l’ignorance d’un délinquant de cité fumeur de shit à l’expertise d’un philosophe des hadiths ; de la naïveté d’une gamine, coquette des beaux quartiers, à cette voilée belliqueuse en quête d’un mari à kalash ; de l’innocence d’un jeune lycéen studieux à l’engagement d’un djihadiste en route vers les zones de combat en Syrie. L’histoire des radicalisations n’est pas celle des « natures ». Elle est faite de métamorphoses, de moments d’immobilité interdite et d’ivresses soudaines à l’idée des lendemains. Elle est donc souvent imprévisible. Il nous faut, non pas figer l’instant d’une parole lâchée lors d’un interrogatoire de police, d’une enquête de sociologue ou de journaliste, ou même d’une consultation psy, mais se donner les moyens de penser les êtres en devenir.

« Les âmes errantes », Tobie Nathan L’Iconoclaste -page 24-25)

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Dans le Elle du 6 octobre 2017

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Radicalisation : « Ces jeunes sont aussi des victimes »

Publié le 16 octobre 2017

 

Ethnologue et psy hors normes, Tobie Nathan raconte son travail de prévention auprès de filles et de garçons en voie de radicalisation dans un livre captivant*.

Entretien.

Qui sont ces jeunes Français musulmans séduits par le djihad ? Ethnologue à part et psychiatre hors des clous, Tobie Nathan a reçu une cinquantaine d’entre eux en trois ans dans un cadre préventif, au sein du Centre d’ethnopsychiatrie Georges-Devereux à Paris. Des filles et des garçons aimantés par lappel du salafisme qui n’ont pas commis de délit, et qu’il appelle des « âmes errantes ». C’est le titre de l’essai dans lequel cet esprit libre habitué à se frotter aux cultures du monde entier tente de démêler les ressorts intimes de leur parcours. Un livre passionnant et jamais complaisant, dans lequel il ne perd pas de vue celui qu’il fut, enfant émigré d’Égypte, petit juif d’une cité de Gennevilliers fasciné par les révolutionnaires gauchistes des années 1960. Au-delà des idéologies asphyxiant la pensée, il nous permet de mieux comprendre un phénomène dont on n’a, semble-t-il, pas fini d’entendre parler.

ELLE. Pourquoi qualifier ces jeunes d’« âmes errantes » ?

Tobie Nathan. J’essaie d’analyser leur parcours de vie dans sa complexité, avec le souci de mettre à jour les forces qui leur permettront de rebondir. J’ai été frappé par la conjonction de deux phénomènes : ils ont une perception de leur existence comme déliée, loin des ancêtres de leurs familles qu’ils connaissent mal ou pas du tout, et refusent les ancêtres proposés par l’école (les héros de la culture savante). Et ils sont sensibles à l’appel de recruteurs lancé sur Internet, relayé par des idéologues de quartier, qui les vise particulièrement, eux les enfants issus de la migration, ghettoïsés, en échec scolaire et d’intégration. Ni de là-bas ni d’ici. Je les appelle donc des « âmes errantes », ce qui signifie qu’ils sont « sans ancêtres », et susceptibles d’être capturés par des « chasseurs d’âmes ».

ELLE. Ont-ils d’autres points communs ?

Tobie Nathan. Une similitude m’a frappé chez ceux que j’ai reçus : ils étaient pour la plupart des enfants de migrants, mais leurs parents avaient perdu le lien avec les sources vives de leur culture d’origine. De plus, ils devaient se débrouiller avec un véritable problème de filiation : père qui n’a pas reconnu l’enfant, parents qui ont laissé durant de longues années l’enfant au pays alors qu’ils émigraient en France, enfant adopté à qui l’on a caché son histoire…

Couv_AmesErrantes2ELLE. Sont-ils des victimes ou des gens dangereux ?

Tobie Nathan. Ce sont évidemment des proies, explicitement désignées par les théoriciens du djihad mondial. De ce point de vue, ce sont des victimes. Mais lorsqu’on parle avec eux, avec leurs parents et leur entourage, on se rend compte qu’ils sont conscients de l’implication politique de leur engagement. Ce sont des idéologues, des sortes de militants politiques. Quant à la notion de vengeance, on peut supposer que certains sont dépositaires des injustices vécues par les générations qui les ont précédés. Mais ce dernier point m’a semblé assez flou dans leur discours.

Elle_230916*« Les âmes errantes », de Tobie Nathan (éd. l’iconoclaste).

Cet article a été publié dans le magazine ELLE du 6 octobre 2017

 

Dorothée Werner