La Sphinge

Un homme peut-il être violé par une femme ?

La Sphinge

Figure féminine démoniaque très répandue dans l’antiquité grecque et latine, ce personnage mythique profiterait du sommeil des hommes pour abuser d’eux et voler leur semence. Sans doute s’agit-il de la mise en scène d’une angoisse archaïque qui renaît aujourd’hui à l’ère du Viagra. À travers l’analyse de cette image, Tobie Nathan explore une question surprenante : Un homme peut-il être violé par une femme ?

Les premiers mots :

Signe des temps, un récit commence à se multiplier dans la presse rappelant qu’un homme peut être violé par une femme. Souvent, on a ajouté quelque substance à la bière ou au verre d’alcool — du viagra, par exemple. Et lorsqu’il reprend conscience, il se découvre paralysé, sur le dos, parfois ligoté, le sexe endolori. Si nous devons surmonter des réticences pour accepter l’idée qu’un homme pourrait être violé par une femme, les Grecs de l’antiquité l’avaient élaborée, notamment dans la figure de La Sphinge. Loin du démon intellectuel posant des questions métaphysiques à Œdipe, à en croire les représentations plastiques, la Sphinge était un démon incube assaillant les jeunes gens endormis, s’accouplant avec eux contre leur volonté pour leur dérober leur sperme…

(Une version écrite de cette réflexion est parue Dans Philosophie Magazine sous le titre « Sphinge », en mai 2016.)

L’œil… et comment s’en protéger

L’œil et comment s’en protéger

Les mots de l’ethnopsychiatrie

Les mots de l’ethnopsychiatrie : Une série de vidéos explorant des mots, des notions, des concepts provenant de mondes éloignés, dans l’espace ou dans le temps et susceptibles d’éclairer le quotidien de tout un chacun.

Ici, la première vidéo de la série traite de l’œil, du « mauvais œil », que l’on jette comme un mauvais sort et dont seul un autre type de regard est susceptible de nous protéger.

L’œil

Tobie Nathan explore aujourd’hui cette notion très répandue tout autour de la Méditerranée, d’abord d’un point de vue étymologique, puis concret et finit par une réflexion sur notre monde actuel.

Les premiers mots :

En arabe et en hébreu, ‘aïn signifie « l’œil », dans son sens banal, l’organe de la vue, mais aussi « la source », sans doute parce que cette prunelle brillante en plein soleil peut être imaginée comme « l’œil de la terre ». Et le mot ‘aïn désigne aussi le « mauvais œil », cet œil suspect, parfois d’être trop clair, qui diffuse la radiation venimeuse de l’envie. On comprend dès lors le double sens du mot ‘aïn : la source qui maintient en vie et l’œil qui surveille, qui envie et peut empoisonner . « Source » est donc bien le mot qui convient ici, à cet œil oriental, à la fois jaillissement de l’indispensable, source de vie, et aussi surveillance magique et potentiel poison. Être coupé de sa source, ce n’est jamais être délivré d’un lien, mais condamné, comme Caïn, à l’errance infinie, nécessairement à la recherche d’une autre source, et toujours soumis à la surveillance des propriétaires des lieux, des propriétaires de la terre.

Et Victor Hugo dans Légende des Siècles :

« Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,

Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,

Et qui le regardait dans l’ombre fixement… »

Victor HUGO, La Légende des Siècles (1877)

Toutes les cultures utilisent le rêve, sans exception…

Interview parue dans Psychologie Positive N°24, mars avril 2019

Propos recueillis par Sophie Behr

Professeur de psychologie émérite et pionnier de l’ethnopsychiatrie en France, Tobie Nathan déplore le désintérêt de l’Occident contemporain pour le rêve. S’inspirant de la place qui lui est donnée dans d’autres cultures, il prône la nécessité d’en prendre soin. Voyage au pays des rêves.

Vous êtes le pionnier de l’ethnopsychiatrie en France. Comment êtes-vous passé de l’ethnopsychiatrie à l’étude des rêves ?

L’ethnopsychiatrie a été bâtie sur le même modèle que l’ethnomédecine ou l’ethnopharmacologie. Ce sont des disciplines nées dans les années 1940-1950 qui considèrent que les peuples éloignés ont de vraies connaissances qui méritent d’être comprises et apprises. Aucune autre culture que la nôtre n’utilise le mot “psychiatrie” Ailleurs, les problèmes sont pensés comme un désordre dans l’ordre du monde, et non pas dans la personne.

Il n’y a que l’Occident qui pense que les problèmes résident dans la personne – dans sa tête, dans son cerveau, dans sa psyché. J’ai regardé cette autre façon de penser les choses, et fait en sorte d’en tirer des techniques pour soigner des gens qui proviennent de ces cultures-là.

Georges Devereux avait tracé les contours de la discipline, j’en ai développé l’application clinique et l’ai formalisée dans les années 1980.

Il existe désormais un certain nombre de règles appliquées dans la plupart des consultations d’ethnopsychiatrie partout dans le monde : le patient est reçu par plusieurs thérapeutes, dont nécessairement un qui parle sa langue ; ils se penchent sur son désordre et réfléchissent non pas à partir de leur propre conception du monde mais à partir de celle du patient puis, pour les cas qui s’y prêtent, ils s’efforcent de trouver des façons de procéder conformes au monde du patient avant de les transposer dans le nôtre. Ce que l’on a noté, c’est que la plupart des cultures utilisent le rêve dans les thérapies.

Tobie Nathan

Pour vous donner un exemple. J’étais conseiller culturel en Guinée et nous avions réalisé une expérience assez étonnante : un “café des rêves” une fois par semaine. Les gens racontaient leurs rêves et il y avait interprétation mutuelle. C’était frappant parce que les Blancs interprétaient toujours le rêve d’un autre en évoquant le passé, la possibilité d’un traumatisme de jeunesse. Leurs interprétations étaient toujours d’inspiration freudienne. Alors que les Guinéens disaient par exemple : « Tu prends une bouteille d’eau fraîche et tu vas l’offrir à quelqu’un dans la rue, il faut qu’il l’accepte absolument. À ce moment-là, ton rêve sera un bon rêve. » Le rêve débouchait sur une action dans la vie.

La plupart des cultures ont des traditions d’interprétation des rêves. D’ailleurs, je n’aime pas ce mot d’interprétation, on devrait plutôt parler d’“accomplissement d’un rêve” : comment faire en sorte qu’un rêve s’accomplisse ?

Car le rêve, à mon sens, est une action, qui débute dans le sommeil et qui cherche à s’accomplir et à se poursuivre dans la vie éveillée. Mais parfois on n’y parvient pas, et c’est pour cela que l’on fait appel à quelqu’un qui dénoue la possibilité d’accomplissement du rêve. C’est l’idée qui sous-tendait les clés des songes traditionnelles, injustement décriées.

En ethnopsychiatrie, on peut se tromper sur de nombreux sujets avec un patient à cause de malentendus ethnoculturels. Plus la personne est éloignée culturellement et plus elle est récemment immigrée, plus vous trompez. Vous recevez ce qu’elle vous dit avec vos notions à vous et non avec les siennes. Mais il y a une chose avec laquelle vous ne risquez jamais de vous tromper : c’est de lui demander qu’elle vous raconte un rêve. Là, tout de suite, elle sait que c’est utile. Il n’y a pas de culture qui n’utilise pas de rêve dans la thérapie. Donc, évidemment, l’ethnopsychiatrie m’a conduit directement à l’étude des rêves.

Si les rêves sont toujours utilisés dans les systèmes traditionnels, il existe des cultures qui sont particulièrement axées sur le rêve. Les cultures chamaniques notamment, celle des Indiens d’Amérique, des Indiens d’Inde, des cultures traditionnelles chinoises. Là, ils ont une telle habitude de cultiver leurs rêves que le récit du rêve seul peut prendre trois quarts d’heure. Alors l’interprétation peut prendre la journée entière ! C’est un univers qui s’ouvre. C’est en fait la réalité qu’ils interprètent et non le rêve.

Ça ne veut pas dire du tout que l’ethnopsychiatrie a une clé universelle des rêves. Simplement, on sait par expérience que quand vous demandez à un patient de vous raconter un rêve, vous savez que vous récolterez un matériel qui sera utilisable dans la thérapie que vous voulez mener avec lui.

Autrefois, le rêve était pris très au sérieux, il avait même fonction d’oracle auprès des « grands de ce monde ». Il ne joue plus de rôle dans notre société actuelle. Serions-nous devenus trop rationnels ?

Dès l’Antiquité, le rêve avait une fonction très importante. Au Moyen Âge, on a beaucoup utilisé le rêve avec des clés des songes qui étaient du reste héritées des Grecs anciens. Jusqu’au moment où a commencé la chasse aux sorcières, avant même l’Inquisition. Un peu après l’an 1000, c’est là que naît le diable. Auparavant, il existait bien sûr, mais il ne se manifestait pas dans le monde. À cette époque, on a commencé à penser que même la production des rêves était l’action du diable. Il était conseillé d’éviter toute personne qui voulait interpréter vos rêves, de chasser le rêve de votre pensée car il ne pouvait être qu’une tentation provenant du démon. Ce côté diabolique a duré jusqu’au XVIIIe siècle. Apparaît alors la pensée rationnelle, celle des Lumières.

Et à ce moment-là, on chasse le rêve pour une autre raison : parce qu’il semble irrationnel justement. C’est la part irrationnelle de soi. Cette idée dure encore, notamment chez les Français. Avec le rêve, le cerveau fonctionnerait de manière irrationnelle, donc il ne faut pas y prêter plus d’attention que ça. Certaines théories invoquaient des manifestations biologiques : vous avez trop mangé, ou pas assez, mal digéré, vous ne respirez pas assez bien, l’air n’est pas assez pur… Toutes ces choses mécaniques produiraient le rêve. Quand j’ai vu ma première patiente en 1972, je lui ai demandé « Vous avez rêvé cette nuit ? », elle m’a répondu : « Non, j’ai très bien dormi. » Dans les années 1970 en France, le rêve était encore considéré comme un dysfonctionnement biologique.

Ça a mis très longtemps à changer, et ça n’a pas changé tant que cela.

Freud a un peu réhabilité le rêve. Mais finalement il ne s’est pas intéressé au rêve en tant que tel mais au rêve comme modèle de la pratique psychanalytique. Pour peu qu’il lui permettait d’avoir une relation avec son patient. Ce qui intéressait Freud,

ce n’était pas le rêve, mais l’inconscient, que l’on peut repérer grâce au rêve. Le rêve en lui-même est juste un signe de quelque chose. C’est d’ailleurs un des malentendus entre Freud et les surréalistes. Eux s’intéressaient à cette expérience particulière, alors que Freud s’occupait du rêve pour autant qu’il lui fournissait des informations. Donc personne ne s’intéressait vraiment au rêve ! Sauf peut-être les neurophysiologistes…

Les neurophysiologistes ont analysé le rêve avec précision et nous savons aujourd’hui que c’est une activité structurée et cyclique, que nous rêvons cinq fois par nuit. Le rêve reste pourtant toujours autant nimbé de mystère…

Michel Jouvet, grand spécialiste du sommeil, avait une vraie passion pour le rêve. Il s’y intéressait d’un point de vue neurophysiologique mais, par ailleurs, il tenait un cahier de ses rêves. Il faisait plusieurs rêves toutes les nuits et il les notait tous, et cela depuis son adolescence. C’était aussi le cas de Freud en tant que personne : il faisait plusieurs rêves par nuit et se souvenait quasiment de tous. Mais dans leur théorie, ce n’était pas le rêve lui-même qui les intéressait. Freud n’avait d’ailleurs aucune connaissance du processus neurophysiologique du rêve, ni de celui du sommeil. Les découvertes véritablement scientifiques ont débuté dans les années 1960.

Jouvet a fait la plus grosse part du travail, les neurophysiologistes récents l’ont poursuivi, mais ce qu’ils étudient, c’est le sommeil, chemin faisant ils approfondissent leurs connaissances sur le rêve. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de financement pour étudier le rêve proprement dit, parce que personne ne pense que ça sert à quelque chose.

Pourtant, le rêve doit bien avoir une fonction: tout le règne animal rêve, en tout cas les vertébrés. C’est un grand mystère, l’énigme la plus passionnante qui soit ! Un fait aussi permanent dans le monde : on passe quand même une heure et demie chaque nuit à rêver, probablement plus. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus de chercheurs qui travaillent là-dessus ?

Interview complète à retrouver dans Psychologie positive n°24. Propos recueillis par Sophie Behr

La Société des Belles Personnes

Présentation de La Société des Belles Personnes

Né pauvre dans le misérable quartier juif du vieux Caire, l’enfant chéri de ‘Haret el-Yahoud, la ruelle aux Juifs, le jeune homme flamboyant, dont les clubs et bars attirent la haute société cairote, a dû fuir son pays natal. Il débarque à Naples sans famille, sans ami, sans un sou. Seul l’accompagne le fantôme de Dieter Boehm, son tortionnaire nazi, recruté après guerre par l’armée égyptienne. Zohar s’échappe d’un pays à feu et à sang, d’une société malade à l’image de son roi, Farouk, ramolli de luxure et détesté par son peuple, d’une société nécrosée par la montée des Frères musulmans, l’infiltration des anciens nazis , les pogroms contre les juifs et la rébellion conduite par le puissant Gamal Abd el-Nasser. Finalement parvenu en France, il va lier son obsession à celle d’Aaron, de Lucien et celle de Paulette, aussi… Ils constituent un trio soudé par l’envie d’en découdre avec le passé qui les hante. Contre les bourreaux de leur passé, un même procédé : deux balles dans la tête, la première pour la vengeance, la seconde pour la signature. C’est là l’incroyable histoire que son fils François va découvrir, celle qui lui fera comprendre la mystérieuse promesse faite par son père à la « Société des Belles Personnes », l’assemblée des femmes de Bab el Zouweila, un quartier pauvre du Caire. Et qu’il décidera de poursuivre. Entre fresque historique et grand roman, des heures sombres de l’Égypte à la part enfouie de la mémoire française, Tobie Nathan écrit magnifiquement une épopée foisonnante et tragique, lestée du passé, forte de ses personnages, de leurs souvenirs et de leur cheminement. La Société des Belles Personnes, aux éditions Stock, le 19 août prochain.

Alexa… La vengeance d’Héphaïstos

par Tobie Nathan

Comme l’assistant Google ou Siri pour Apple, le système connecté d’Amazon fait répondre notre environnement à la voix de son maître. Le dernier cri de la technologie ? Plutôt une redécouverte des inventions légendaires du dieu grec forgeron, ingénieur aussi génial que rusé.

Publié dans Philosophie Magazine n°137, Mars 2020

C’est incontestablement Héphaïstos, le dieu forgeron fils de Zeus et de Héra, qui fut l’inventeur des assistants personnels intelligents,à une date indéterminée de l’Antiquité, au plus tard au VIIIe siècle avant notre ère. Boiteux et le souffle court, il créa des trépieds automobiles, capables de se mouvoir seuls grâce à des roues d’or, trépieds à qui il commandait de porter nectar et ambroisie aux dieux. Le poète comique Cratès (IVe siècle av. J.-C.) emprunta son idée pour imaginer un monde sans esclaves. Là, les meubles s’avanceraient d’eux-mêmes à l’appel de leurs maîtres. « Présente-toi, table ; toi, prépare-toi de toi-même. Pétris, mon petit sac de victuailles. Verse, coupe. Où est la coupe à boire ? Va te laver toi-même » (fragment des Bêtes sauvages).

L’époque moderne a largement démocratisé l’invention d’Héphaïstos. Lors de la seule année 2019, il se serait vendu plus de 200 millions d’enceintes connectées, telles que Google Home, HomePod et autre Amazon Echo… On en prévoit le triple dans deux ans. Ce sont ces petits appareils, en général cylindriques, parfois ovoïdes comme de grands galets, qui envahissent désormais nos maisons. Équipés de haut-parleurs de qualité et de plusieurs micros, ils peuvent saisir la voix à travers la pièce. On leur ordonne d’allumer ou d’éteindre la lumière, le four, le chauffage ; d’ouvrir ou de fermer les volets de la maison, de mettre une musique d’ambiance, de démarrer un programme de télévision ; on leur demande le temps qu’il fait dehors, le numéro de téléphone du plombier, qu’ils appelleront aussitôt ; on peut également leur poser des questions de culture générale – l’âge de Périclès au moment de sa mort ou le nom de l’actrice qui joue Pandora dans le film d’Albert Lewin. Et l’appareil répond quasi instantanément.

Il n’est jusqu’à l’intelligence et la voix de tels appareils qui n’aient été imaginées par les Grecs anciens. Dans les tréfonds de ces servantes animées, précise l’Iliade, se trouvent « une pensée réfléchie, une voix et une force ». Les concepteurs du système d’Amazon équipant les enceintes Echo ont d’ailleurs voulu faire référence à l’Antiquité en le baptisant Alexa, censé évoquer la bibliothèque d’Alexandrie. Cependant, si l’on se réfère à sa seule étymologie grecque, il signifierait plutôt « sans mot », étant formé du privatif a- et de lexis, « mot ».

Alexa a une belle voix de femme, mais on peut évidemment l’échanger contre une voix d’homme, bientôt contre celle d’un acteur ou d’un chanteur. Amazon l’a récemment dotée d’émotions. Ce n’est plus la voix mécanique de l’ordinateur Hal du film 2001. L’odyssée de l’espace, celle d’Alexa peut désormais exprimer la joie ou la déception. Elle ne prend plus le même ton pour annoncer la météo ou relater une catastrophe ferroviaire. Elle pourra même être désolée de vous apprendre que votre équipe préférée a perdu son dernier match. 

Une polémique a récemment éclaté au sujet des enceintes connectées reliées à des systèmes intelligents. Leur micro reste branché en permanence. Pour améliorer Alexa, pour lui apprendre de nouvelles intonations, de nouvelles voix, de nouvelles langues, des milliers d’employés d’Amazon écoutent les conversations des usagers. Des situations problématiques ont fini par se poser lorsqu’il leur est arrivé de surprendre un cambriolage, un meurtre ou, plus souvent, une commande de drogue à un dealer. 

Héphaïstos n’était pas qu’un inventeur de génie, il était aussi rusé. On se souvient qu’il fabriqua un automate singulier, un filet invisible qui se referma sur les ébats d’Aphrodite, son épouse adultère, avec son amant Arès. Il convoqua alors l’assemblée des dieux qui, voyant les deux amants coincés en l’acmé de leurs rapports, éclatèrent d’un immense rire qui roula sur l’Olympe. Est-ce de ce même rire qu’ils rient aujourd’hui en nous voyant dépossédés de notre intimité ? 

Lire dans Philosophie Magazine n°137, Mars 2020

Histoires de vieux grimoires

À propos de deux romans récemment parus :

Michael David Lukas, Le dernier veilleur du vieux Caire. Paris, Mercure de France

et

Stefan Hertmans, Le cœur converti. Paris, Gallimard.

On peut aussi écouter la chronique sur le site d’Akadem ici <—

Le passé finit toujours par sourdre des interstices des vieilles pierres. Je vais vous parler de deux romans et d’une très vieille synagogue que j’ai connue enfant : la synagogue Ben Ezra du vieux Caire, en Égypte… Lire la suite

A land like you

A novel by TOBIE NATHAN

Distributed for Seagull Books

Translated by Joyce Zonana

340 pages

Cairo 1925, Haret al-Yahud, the old Jewish Quarter. Esther, a beautiful young woman believed to be possessed by demons, longs to give birth after seven blissful years of marriage. Her husband, blind since childhood, does not object when, in her effort to conceive, she participates in Muslim zar rituals. Zohar, the novel’s narrator, comes into the world, but because his mother’s breasts are dry, he is nursed by a Muslim peasant—also believed to be possessed—who has just given birth to a girl, Masreya. Suckled at the same breasts and united by a rabbi’s amulet, the milk-twins will be consumed by a passionate, earth-shaking love. 

Part fantastical fable, part realistic history, A Land Like You draws on ethno-psychiatrist Tobie Nathan’s deep knowledge of North African folk beliefs to create a glittering tapestry in which spirit possession and religious mysticism exist side by side with sober facts about the British occupation of Egypt and the rise of the Muslim Brotherhood and the Free Officers’ Movement. Historical figures such as Gamel Abdel Nasser, Anwar Sadat, and King Farouk mingle with Nathan’s fictional characters in this riveting and revealing tale of an Egypt caught between tradition and modernity, multiculturalism and nationalism, oppression and freedom.

Pour en savoir davantagehttps://www.press.uchicago.edu/ucp/books/book/distributed/L/bo68267039.html